À certaines préoccupations du gouvernement, l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga et son équipe ont apporté des éléments de réponse. D’après eux, la Charte sera aussi traduite dans toutes les langues officielles de notre pays et enseignée dans les écoles et universités
La Commission de rédaction de projet de Charte pour la paix et la réconciliation nationale, conduite par son président l’ancien Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga, a bouclé ses consultations avec les Institutions de la République en rencontrant, hier à la Primature, les membres du gouvernement. C’était en présence du Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Général de division Abdoulaye Maïga.
Cette rencontre visait à prendre les propositions et orientations du gouvernement dans la cadre de l’élaboration du projet de texte de la Charte, mais aussi à lui rendre compte de la mission de la Commission. Dans son intervention, l’ancien Premier s’est dit satisfait des échanges que son équipe a eus avec chaque composante de la nation. «Nos compatriotes ont donné une nouvelle dimension à notre travail par les ressentis propres à chaque groupe institutionnel, politique, économique ou social rencontré», a déclaré Ousmane Issoufi Maïga.
Cependant, dira le président de la Commission de rédaction de projet de Charte, plusieurs préoccupations reçues ne sont pas liées à la mission propre à son équipe. Il a ensuite expliqué que la Commission est chargée d’élaborer le projet de texte de la Charte devant constituer le document de référence pour toute initiative, action et activité qui concourt à la sécurité, à la paix, à la réconciliation nationale, à la cohésion sociale et au vivre ensemble au Mali. L’ex-Chef du gouvernement a partagé avec ses interlocuteurs des préoccupations pour lesquelles son équipe n’a pas pu donner des réponses et qui relèvent, selon lui, de l’Exécutif. Il s’agit de la valeur juridique de la Charte et son ancrage ; de l’inscription du document dans « le bloc de constitutionnalité » et de son adoption par référendum.
SOCLE DE LA STABILITÉ- D’après lui, des prérequis indispensables ont été également posés pour l’application de la Charte. Il s’agit de l’instauration de la stabilité politique par des mesures de décrispation du climat politique, du retour à l’ordre constitutionnel normal et du respect scrupuleux des libertés individuelles et collectives, selon le président de la Commission. Assurer la régularité de l’octroi aux partis politiques de l’aide financière inscrite au budget de l’état, mettre fin à la campagne en cours de dénigrement des entités politiques font également partie de ces conditions.
S’y ajoutent l’élargissement de tous les hommes politiques détenus pour des raisons considérées comme politiques ; la participation des leaders politiques résidant à l’extérieur aux consultations, la prise des mesures d’application dans le cadre de la gestion du Pacte de stabilité sociale et de croissance pour éviter toute rupture. Il s’agit aussi, selon le patron de la Commission d’élaboration de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, de décrisper le climat entre les organisations faîtières de la presse et la Haute autorité de la communication (Hac) découlant du non-paiement des redevances jugées trop élevées dans le contexte actuel de crise et de la fermeture de nombreux organes de presse, d’instituer un salaire pour les élus des collectivités et une rencontre annuelle entre le Chef de l’État et les chefs de village, de fraction et de quartier.
De son côté, le Premier ministre Abdoulaye Maïga dira que la Charte pour la paix et la réconciliation nationale est une volonté du Président de la Transition de faire de la paix et de la réconciliation le socle de la stabilité de notre pays. Mais aussi d’appliquer les recommandations et résolutions issues du Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation nationale. Le Chef du gouvernement a remercié le Général d’armée Assimi Goïta pour son leadership et sa clairvoyance portée sur nos valeurs sociétales qui prônent le vivre ensemble, l’amour de la patrie et la protection du patrimoine national.
«La Charte pour la paix et la réconciliation nationale jettera les jalons d’une nouvelle ère de sécurité, de valorisation des us et coutumes qui gouvernaient la vie publique, la cohésion sociale et notre appartenance à une seule communauté», a-t-il expliqué. Sur instructions du Chef de l’État, ajoutera le Général de division Abdoulaye Maïga, le gouvernement prendra toutes les dispositions pour accompagner la Commission dans sa mission. Il a dit avoir noté les interrogations et résolutions.
Au cours de la rencontre, les membres du gouvernement ont soulevé des questions liées à la bonne organisation de l’administration judiciaire, au retour au cantonnat, au problème de développement économique et à l’inadéquation entre la formation et l’emploi des jeunes. À toutes ces préoccupations, les membres de la Commission ont apporté des éléments de réponse. D’après eux, la Charte sera traduite dans toutes les langues officielles de notre pays et enseignée dans les écoles et universités.
Bembablin DOUMBIA