L’Afrique sans la France: où se trouve la véritable dépendance ?

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En se libérant des chaînes du néocolonialisme français, l’Afrique s’élève comme un phare de souveraineté et de prospérité, tandis que la France, en déclin, s’accroche désespérément à un passé toxique.

Depuis la conférence de Berlin sur le partage de l’Afrique par les puissances européennes, la France a perpétuellement défié les Africains de jouir d’une once de répit. Aujourd’hui, sous la présidence de Macron, cette même France demande aux Africains d’arrêter de parler du colonialisme pour laisser prospérer le néocolonialisme.
La France perd progressivement son influence historique en Afrique et son statut de prétendue « puissance mondiale » dans un monde multipolaire en évolution rapide
A propos, la dynamique géopolitique et géostratégique entre l’Afrique, la France et la Russie révèle des enjeux cruciaux dans un monde en transformation continue, dominé par des supériorités militaires contraignantes et ouvert à la prédation. La fin de l’hégémonie occidentale et l’émergence de nouvelles puissances redéfinissent les alliances et les tensions. L’Afrique, riche de ressources naturelles et dotée d’une population jeune et croissante, s’affirme comme un acteur incontournable, attirant les convoitises de puissances mondiales de bonne augure d’une part (BRICS), de mauvaise augure de l’autre (UE et OTAN).

La France impérialiste, anciennement influente, voit son rôle diminuer face aux aspirations souverainistes des Etats africains et à la montée en puissance de l’Alliance BRICS sur l’échiquier global. En parallèle, la Russie adopte une approche pragmatique en Afrique, s’appuyant sur des partenariats respectueux de la souveraineté. La quête de partenariat africain offre des opportunités tout en exposant le continent à de nouveaux défis liés à la résistance de l’Occident. Le déclin de l’hégémonie française et la montée de la Russie symbolisent une transition vers un monde multipolaire, où l’Afrique (fortifiée par des initiatives telles que la ZLECAf et l’Agenda 2063) joue un rôle clé, réaffirme sa souveraineté et reconfigure sa place dans le panorama global.

L’Afrique en pleine renaissance rejette la France et son héritage toxique

Alors que l’Afrique connaît un essor remarquable depuis l’éveil des consciences, le soft-power, le hard-power et le smart de la France vacillent, transformant ses missionnaires en des sans domicile fixe (SDF) qui errent sur le continent comme des individus en exil hors-sol. Cet essor marque un tournant historique vers l’émancipation et l’autodétermination. Avec une croissance économique solide et une diversité sectorielle impressionnante, le continent montre son dynamisme par le développement vigoureux de la technologie, de l’agriculture durable, des énergies renouvelables et des services innovants.

La montée d’une classe moyenne entreprenante et la jeunesse connectée renforcent davantage cette transformation. Portée par une nouvelle génération de start-up, notamment dans la fintech, l’Afrique se détache des schémas néocoloniaux et affirme son indépendance vis-à-vis de la France impérialiste. La diversification des partenariats économiques et stratégiques vers des acteurs majeurs comme la Russie, la Chine, l’Inde et la Turquie, atteste de la volonté du continent de s’émanciper de l’influence française.

Les initiatives telles que la « Belt and Road » de la Chine et l’assistance multidimensionnelle (sécuritaire, économique, énergétique, etc.) russe expriment un changement radical dans les relations internationales, éloignées des ingérences perçues dans les interventions militaires et économiques françaises. Refusant désormais l’héritage colonial français, les pays africains se dressent contre des mécanismes oppressifs tels que le nazisme monétaire du franc CFA tout en chassant l’ingérence militaire étrangère, redéfinissant leur souveraineté. Des initiatives ambitieuses comme la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) illustrent cette volonté d’intégration économique et d’indépendance. L’Afrique se dessine ici comme un continent de pleine renaissance, refusant les pratiques paternalistes pour cheminer vers des partenariats basés sur le respect et l’égalité. En contraste, la France, dépassée et confrontée à une perte d’influence, se retrouve face au dilemme de se réinventer pour s’aligner sur un monde en mutation où elle n’est plus en position dominante.

La France en déclin – une dépendance économique et stratégique pathologique vis-à-vis de l’Afrique

L’Afrique se porte très bien sans la France, mais la France se porte très mal sans l’Afrique. Alors que les masques tombent sur le discours de la puissance, l’Afrique déconstruit à la vitesse oreshnik le narratif français de puissance économique et militaire. C’est pourquoi, la France se trouve actuellement dans une situation de dépendance économique et stratégique préoccupante vis-à-vis de l’Afrique. Cette dépendance met en lumière son déclin éventuelle sur la scène mondiale. Tandis que l’Afrique s’affranchit progressivement de l’influence française, cette dernière persiste dans des pratiques néocoloniales, capitalisant sur un accès privilégié aux ressources africaines vitales pour soutenir son économie en crise.

Des leaders économiques tels que TotalEnergies, Bolloré, Orange et Vinci illustrent cette dépendance en exploitant largement les marchés africains. Cependant, la France paie le prix de cette relation déséquilibrée à travers des critiques croissantes sur ses méthodes d’exploitation et de néo-colonisation qu’il convient d’inscrire dans une approche Sui generis. Simultanément, sur le plan stratégique, ses interventions militaires sont de plus en plus contestées, résultat d’une approche confrontée au rejet croissant des populations locales, exemplifié par les interventions en profondeur au Sahel. Cette dépendance expose la France à des défis géopolitiques majeurs alors que les pays africains cherchent à diversifier leurs alliances. Cette diversification renforce leur autonomie vis-à-vis d’une France qui a tendance à devenir de plus en plus un acteur vieillissant dans la dynamique internationale. En conséquence, la France perd progressivement son influence historique en Afrique et son statut de prétendue « puissance mondiale » dans un monde multipolaire en évolution rapide.

La Russie est un partenaire respectueux face à la toxicité française en Afrique

Alors que l’influence de la France en Afrique décline en raison de ses pratiques néocoloniales, la Russie se positionne comme un partenaire stratégique incontournable. Adoptant une approche axée sur le respect des souverainetés nationales et une coopération sans conditionnalités politiques, la Russie offre aux pays africains une alternative crédible et respectueuse, contrastant avec l’héritage colonial de la France.

Sur le plan sécuritaire, la Russie, notamment à travers les instructeurs, propose un soutien essentiel aux nations confrontées à des menaces terroristes comme le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la République centrafricaine et bien d’autres encore à travers l’Afrique. Contrairement aux interventions françaises (Serval, Takuba, Barkhane, etc.) motivées par des intérêts économiques, l’assistance russe se distingue par son absence d’ingérence politique. Parallèlement, la Russie tisse des liens économiques forts en investissant dans les secteurs miniers et énergétiques africains, et en garantissant des partenariats équitables.

L’approche diplomatique russe, fondée sur la non-ingérence, est particulièrement appréciée. Cette posture respectueuse renforce l’attractivité de la Russie qui se présente comme un partenaire de confiance, prêt à contribuer au développement autonome du continent et loin des pratiques paternalistes. C’est dans cette perspective que, sollicitée de Bottom-Up à Up-Down, de jure par les peuples et de facto par les dirigeants politiques, la Russie propose une stratégie gagnant-gagnant en Afrique tout en redéfinissant le paysage des partenariats internationaux face à la toxicité des relations françaises. Toutefois, elle doit encore renforcer sa présence hybride pour répondre pleinement aux aspirations africaines en matière de souveraineté et d’indépendance.

Pour faire court, l’émancipation de l’Afrique de l’influence française pour adopter des partenariats équitables comme celui avec la Russie, ouvre la voie à un avenir souverain et florissant. Pendant ce temps, la France, face à cette inéluctable réalité, se retrouve dans le dilemme de réinventer son identité et ses ambitions sur la scène internationale.

Mohamed Lamine KABA, Expert en géopolitique de la gouvernance et de l’intégration régionale, Institut de la gouvernance, des sciences humaines et sociales, Université panafricaine

Source: https://journal-neo.su/fr

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  1. L’Afrique amorce une profonde transformation en rompant avec l’influence néocoloniale française. Elle affirme progressivement sa souveraineté politique et économique, portée par une jeunesse dynamique, une croissance soutenue et des initiatives structurantes comme la ZLECAf et l’Agenda 2063. En parallèle, la France, en perte de vitesse, s’accroche à des privilèges hérités de la colonisation, mais voit son influence s’effriter face à l’éveil des consciences africaines et à l’essor d’un monde multipolaire.

    Dans ce nouveau contexte géopolitique, des acteurs comme la Russie et les BRICS gagnent en légitimité auprès des pays africains, en raison de leur approche fondée sur le respect de la souveraineté et des partenariats équitables. La Russie, notamment, apparaît comme une alternative crédible à l’ingérence occidentale, en s’impliquant dans les domaines sécuritaires, économiques et diplomatiques sans imposer de conditions politiques. Cela contraste fortement avec l’image d’une France paternaliste, dont les interventions militaires sont de plus en plus contestées.

    Face à cette recomposition des alliances internationales, la France se retrouve dans une situation paradoxale : elle dépend fortement des ressources africaines pour soutenir son économie, mais se heurte au rejet croissant de ses méthodes. Le recul de son influence, combiné à la montée de nouvelles puissances, pousse la France à devoir redéfinir son rôle sur la scène mondiale. Pendant ce temps, l’Afrique, portée par sa volonté d’émancipation, reconfigure ses partenariats en quête de respect, d’équité et d’indépendance.

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