‘’Le Fespaco, c’est un peu comme la CAN du cinéma africain’’
A l’occasion de la cérémonie inaugurale du Colloque international du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) Dramane Konaté, Conseiller technique auprès du ministre chargé de la Culture du Burkina nous a accordé une interview. C’était le lundi 24 février 2025 au Conseil burkinabé des chargeurs (Cbc).
Hawa Traoré, UCAO : le Fespaco représente quoi pour vous ?
Dramane Konaté : le Fespaco, c’est l’identité panafricaine, étant donné que le cinéma représente beaucoup pour notre continent. On a l’habitude de dire que le Fespaco, c’est un peu comme la Coupe d’Afrique des nations (CAN) du cinéma africain.
En matière de cinéma, le Fespaco représente ce grand événementiel qui se passe sur le continent, qui concerne les Africains et ceux de la diaspora.
Le Fespaco, c’est une charge à la fois symbolique et historique pour le continent, étant donné que c’était une première en 1969, précisément lorsque le Burkina Faso a décidé de créer cet événementiel en faisant appel aux autres pays africains pour dire qu’il faut que notre cinéma chérisse nos identités, qu’il faut créer quelque chose qui soit propre au continent, et qu’il faut aussi que ça soit une industrie.
C’est à partir des années 1990, que l’on commence à parler d’industrie culturelle et créative avec cette convention qui a été adoptée par l’Unesco en 2005, sur la promotion et la protection de la diversité des expressions culturelles.
Les pères fondateurs du Fespaco avaient estimé que la meilleure façon de promouvoir la diversité culturelle, c’était à travers les écrans, d’où la création du Fespaco. Avec l’Étalon d’or de Yennenga, qui représente déjà tout un symbole.
Hawa Traoré, UCAO : que pouvez-vous nous dire sur ce Colloque international de la 29ᵉ édition du Fespaco?
Dramane Konaté : l’idée du colloque est venue depuis 1985, et nous l’organisons depuis l’époque révolutionnaire. Nous avons estimé qu’il fallait mener la réflexion sur le cinéma.
Le cinéma, c’est l’art, c’est l’esthétique, c’est la technique, mais derrière aussi, il y a la science.
Qu’est-ce que le cinéma doit représenter véritablement pour nous ? Comment faire booster l’industrie cinématographique sur le continent ? Comment faire en sorte que le cinéma africain se rapproche des peuples africains ?
Voilà pourquoi, pour cette 29ᵉ édition, il s’agira de parler du cinéma d’Afrique et de nos identités culturelles, parce que le cinéma est pluriel : chaque pays, chaque réalisateur est la somme du parcours historique, de cette charge symbolique que représente l’identité de son peuple et de son pays. C’est la raison pour laquelle, avec ce colloque, il s’agira de mener davantage la réflexion, tout en déterminant les axes d’intervention, de sorte à ce que les conclusions qui vont en sortir puissent profiter non seulement aux professionnels du cinéma, mais aussi au monde de la recherche comme au monde des affaires.
Qu’est-ce qu’il faut investir dans le cinéma et qu’est-ce qu’il faut recueillir à la fin ?
Propos recueillis par Hawa Traoré, UCAO-UUBA