29è Fespaco : hommage aux cinéastes disparus !

0

Le dimanche, 23 février 2025, devant le Monument des cinéastes à Ouaga, s’est déroulée une cérémonie significative à plus d’un titre : rendre hommage aux cinéastes disparus et inaugurer  la statuette Roger Gnoan Nbala, Etalon de Yennenga Fespaco 1993, Ministère de la Culture et de la Francophonie Côte d’Ivoire.

Le cinéaste burkinabé, Idrissa Ouédraogo, a rappelé que c’est en 1969 qu’a débuté le rituel de la libation. Le Moro Naba a instruit son chef de terre de venir accompagner les cinéastes. De l’eau a été versée sur le sol en demandant aux ancêtres, à l’esprit Mwanga, la grâce et la protection pour que le Festival se passe bien et que chacun reparte sain et sauf.

Selon lui, la cérémonie de libation se fait une seule fois pendant le Fespaco. «C’est l’originalité qui fait la particularité de cette cérémonie, elle se fait seulement dans le pays des hommes intègres…..Ce qui nous renvoie au thème du festival qui indique que nous devrions revenir à nos coutumes et  que nous nous  acceptions tels que nous sommes». Il a, par ailleurs, précisé que l’Afrique est la mère de l’humanité. «Tout vient de l’Afrique et il ne faudrait pas oublier que le peuple africain a toujours été  un peuple fort », a ajouté Idrissa Ouédraogo.

Pour sa part, Issiaka Konaté Président de l’Association des réalisateurs du cinéma et de l’audiovisuel du Burkina-Faso, a déclaré que cette cérémonie est devenue une tradition. «A chaque édition, très tôt le matin, les cinéastes se regroupent  à la seule place au monde dédiée aux cinéastes. Notre aîné Sembene Ousmane du Sénégal – paix à son âme ! – conduisait cette cérémonie. Après son décès, c’est Cheik Oumar Cissoko du Mali qui a pris la relève», a-t-il rappelé. Compte tenu des obsèques de Souleymane Cissé, il a été représenté par l’un de ses collaborateurs de la Fédération panafricaine des cinéastes (Fepaci), Aboubacar Sanogo. Issiaka Konaté dira que l’essence de cette cérémonie, c’est les connexions entre les vivants et les morts, comme on le dit dans la culture africaine, les morts ne sont jamais morts, il y a toujours un lien, et la cérémonie de libation est basée sur cette croyance.

De son côté, Houda El Amri, conseillère éditoriale cinéma à Canal+, dit être venue à cette cérémonie, parce que c’est un moment très émouvant, et on se doit assez de respect pour ces grands qui nous ont quittés, nous devons un grand respect et un honneur à leurs mémoires. «C’était une cérémonie pleine d’émotion et tous les deux ans, je viens à cette cérémonie et je veux que tout le monde vienne pour rendre hommage à nos anciens», a-t-elle exhorté.

Quant à Kadi Sanogo, journaliste-réalisatrice burkinabé, elle a déclaré que, depuis 1991, elle participe à cette cérémonie, mais c’est assez spécial cette année. «C’est très bien organisé, mais le fait qu’on ait perdu le grand cinéaste Souleymane Cissé – paix à son âme !- qui devrait être le président du jury a eu un impact sur la cérémonie. Parce que nous avons constaté l’absence  de plusieurs Maliens, dont Cheik Omar Sissoko», a déploré la réalisatrice. Selon elle, Souleymane a vraiment marqué son temps et son décès a été un choc pour les Maliens ainsi que pour le monde du cinéma. Kadi Sanogo dit avoir constaté que chaque année, un grand cinéaste africain s’en va.

La libation reste un hommage à l’endroit de ceux qui nous ont quittés.

 UCAO-UUBA

 

Une soirée de la Fepaci en hommage à Souleymane Cissé

À la veille de la 29e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), le samedi 22 février 2025, les membres de la Fédération panafricaine des cinéastes (Fépaci) ont exprimé leur profonde tristesse suite au décès de Souleymane Cissé, survenu le mercredi 19 février 2025, à l’âge de 84 ans, à Bamako.

Souleymane Cisse

Souleymane Cissé était attendu en tant que président du jury pour le prix le plus prestigieux de l’événement, l’Étalon d’or du long métrage.

Réalisateur de talent, Souleymane Cissé a marqué l’histoire du cinéma africain avec plusieurs films à succès. Son film Baara a remporté l’Étalon d’or de Yennenga au FESPACO en 1979. En 1982, Finyé a reçu le Tanit d’or aux Journées Cinématographiques de Carthage (JCC), et en 1983, il a de nouveau remporté l’Étalon d’or de Yennenga au FESPACO. En 1987, Yeelen a été primé du Prix du Jury au Festival de Cannes, et enfin, en 1995, Waati a été sélectionné en compétition officielle à Cannes.

Cheick Oumar Cissoko, actuel Secrétaire Général de la FEPACI, bien qu’absent en raison des obsèques de Souleymane Cissé qui ont eu lieu le vendredi 21 février 2025 à Bamako, a tout de même partagé ses sentiments avec le monde du cinéma à travers un message émouvant : «La filmographie de l’illustre disparu, la révélation d’acteurs de talents comme Balla Moussa Kéita, Ismaila Sarr, les luttes sociales et politiques qu’il a mises en lumière, plaident en sa faveur. Son extraordinaire exemple peut et doit inspirer la jeune génération de cinéastes dans cette ère du numérique.»

Le décès de Souleymane Cissé est une grande perte pour les cinéastes, les cinéphiles et tous ceux qui œuvrent dans le monde du cinéma. Lors de cette soirée de veillée d’hommage aux cinéastes disparus, plusieurs de ses confrères ont témoigné de l’amour et des sentiments qu’ils éprouvent face à sa disparition. Chacun a souligné l’humanisme et l’humilité de cet homme au grand cœur, que d’autres n’ont eu la chance de connaître qu’à travers ses œuvres. Ce fut une soirée mémorable, pleine d’émotions, de souvenirs et surtout de larmes.

Comme on le dit, les légendes ne meurent jamais. Que l’âme de ce grand homme repose en paix !

Binta Bagayoko & HawaOuédrago

Commentaires via Facebook :

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Leave the field below empty!