Assa Soumaré, première femme journaliste sportive au Mali à cœur ouvert

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Assa Soumaré, première femme journaliste sportive au Mali, occupe, depuis novembre 2006, le poste de vice-présidente de l’Union des Femmes Reporters Sportives d’Afrique (UFRESA).  Elle est l’un des éléments du desk Sports de l’ORTM. Dans cet entretien exclusif, elle nous parle, entre autres, des objectifs et des missions de l’UFRESA, ainsi que de son expérience professionnelle … 

 Bamako Hebdo : Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de votre expérience professionnelle ?
Assa Soumaré :
Je suis Mme Dicko Assa Soumaré. Je suis diplômée de l’Institut National des Arts (INA), section Animation Socio-Culturelle. J’ai fait également deux ans d’études en communication en Algérie, parce que mon oncle fut Ambassadeur dans ce pays. Puis des études par correspondance à Alkatel, basé à Paris (six mois).

Au retour d’Alger, j’ai fait des stages à l’Office de Radiodiffusion Télévision du Mali (ORTM) plus précisément au desk Sports. A l’époque, feu Demba Coulibaly (paix en son âme) était le chef du desk Sports. D’ailleurs, c’est lui qui m’a encouragée à aller vers le domaine du Sport. Sinon, j’avais opté, au départ, pour être une simple journaliste. Il faut aussi préciser que je suis une ancienne basketteuse. J’ai joué avec le Djoliba pendant huit ans. Avec des séminaires et stages sur le sport, je me suis adaptée.

Comment est venu cet amour de faire carrière dans le journalisme, plus précisément dans le domaine du sport ?
Comme je l’ai dit, mon amour pour le journalisme, plus précisément dans le domaine du sport, est venu de feu Demba Coulibaly, qui m’a toujours encouragée. Si, je suis aujourd’hui Assa Soumaré, c’est grâce à lui. Je pense aussi que le journalisme est un métier très passionnant.

En tant que Vice-présidente de l’UFRESA, comment se porte aujourd’hui cette Union ?
En tant que Vice-présidente de l’Union des Femmes Reporters Sportives d’Afrique (UFRESA) je pense que l’union se porte très bien. D’ailleurs, nous avons récemment tenu le 1er congrès de l’UFRESA. C’était en novembre dernier, en Guinée Equatoriale, en marge de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) féminine de football. A l’issue de ce congrès, j’ai conservé mon poste de Vice-présidente. Ce qui est, d’ailleurs, un honneur pour le Mali.

Comment est venue l’idée de la création de cette Union ?
L’idée de créer l’UFRESA est venue de la Guinéenne Gnoumassé Daffé (Présidente) connue comme une femme brave, qui exerce le journaliste dans le domaine du sport. Elle a fait des tournées africaines en commençant par le Mali afin de sensibiliser ses consoeurs. C’est ainsi que nous avons décidé de mettre en place l’Union.  C’est en novembre 2006 à Wari, au Nigeria, que le bureau a été mis en place. L’UFRESA est ouverte à toutes les femmes africaines journalistes, photographes réalisatrices, cameramen, spécialisées en sport des secteurs public et privé.

Quels sont les objectifs et les missions de l’UFRESA ?
Nous nous sommes fixé comme objectifs de favoriser l’échange et la communication entre les femmes reporters sportives d’Afrique, de lutter contre l’inégalité homme et femme dans la profession. Il s’agit, également pour nous, de mettre en œuvre une formation continue des femmes reporters sportives, de favoriser la participation des femmes journaliste sportives aux grands rendez-vous sportifs africains et internationaux, d’entretenir des relatons de coopération avec les organismes et institutions de sport en vue de réaliser les différents programmes de développement du sport en général et du sport féminin en particulier.

Comment va, aujourd’hui, l’antenne de l’UFRESA Mali ?
L’Antenne de l’UFRESA-Mali se porte aussi bien. Nous avons une quinzaine de membres. Comme vous savez, il y a peu de femmes qui sont spécialisées dans le  domaine des sports.  C’est le 4 novembre dernier que le bureau de l’antenne du Mali a été mis en place dont je suis la présidente. C’est un bureau composé de dix membres. Maintenant, nous avons besoin de l’appui des autorités pour donner une lisibilité à notre antenne. 

Quel souvenir gardez-vous du terrain de reportage ?
Le souvenir que je garde du terrain de reportage est la Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN) que le Mali a eu la chance d’abriter en 2002. C’est de là que j’ai été révélée au grand public. C’était mes premiers reportages sur le terrain du sport. Dieu merci, j’ai été encouragée et félicitée par beaucoup de collègues. C’était une fierté pour moi.

Avez-vous un modèle dans la vie ?
Le modèle que j’ai dans la vie s’appelle Noëlle Edédédong. Elle présente l’émission «Stade Africa» sur TV5. Et la brave présidente de l’UFRESA, Gnoumassé Daffé de la Guinée Conakry.

Quelle est votre plus grande satisfaction depuis votre début dans la presse à aujourd’hui ?

J’ai toujours eu de la chance dans la presse malienne. Peut-être que c’est Dieu qui m’a offert cette chance dans la vie. Je suis vraiment satisfaite de mon boulot dans la mesure où tout le monde m’encourage pour le travail bien fait.

Avez-vous eu des déceptions dans l’exercice de ce métier ?
La déception dans l’exercice de mon métier, je ne crois pas. D’ailleurs, je ne le souhaite pas. La seule déception qui m’a marqué jusqu’à présent, c’est peut-être l’élimination des Aigles du Mali à la CAN 2002, chez nous. La piètre prestation de cette même formation, lors de la campagne Ghana 2008, ça vraiment, je le regrette beaucoup.

Etes-vous militante d’un parti politique ?
Je ne suis militante d’aucun parti politique. Et je ne le souhaite pas, parce que c’est du faux.

Comment meublez-vous votre temps libre ?
Mon temps libre, je le consacre à mes enfants et à ma maison. J’adore beaucoup faire la cuisine. Sinon, la plupart de mon temps, est consacré aux différents reportages sur le sport.

Le mot de la fin ?
Je profite de l’occasion pour remercier votre magazine, qui s’est très vite imposé sur le paysage médiatique. Il est venu combler un vide.  Je n’oublie pas aussi mes collègues de l’ORTM et ceux du privé. Mes pensées vont aussi aux disparus Demba Coulibaly et Pierre Diakité (paix à leur âme).

Alou B HAIDARA

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