Visite du capitaine Ibrahim Traoré au Mali : Les vraies raisons

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Le sociologue Dr. Moussa Coulibaly, estime que la première visite du capitaine Ibrahim Traoré, Président de la Transition du Burkina Faso effectuée sur le sol malien représente un symbole fort pour l’unité et la solidarité de ces deux pays frères.

La visite a été placée sous le signe de la solidarité agissante qu’il faut renforcer pour ces deux pays, unis par une communauté de conditions de vie. Aux yeux de notre Sociologue, les transitions maliennes et Burkinabés suscitent les mêmes intérêts qui sont la sécurité autour d’une bande frontalière d’environ 1 200 kilomètres et la question de la diversification de la coopération afin d’assurer aux deux pays sahéliens un décollage économique.

Pour lui, une visite au Mali du capitaine Traoré après un double coup d’état est de nature à préciser ses intentions par rapport à l’orientation à donner à la gestion sécuritaire du pays des hommes intègres. En effet, cette visite se tient dans un contexte de manifestation de la solidarité agissante dans le cadre de la coopération avec la Russie qui vient de mettre à la disposition du Mali 60 000 tonnes d’hydrocarbures, 25 000 tonnes de blé, 3 5000 tonnes d’engrais, le tout pour un total d’environ 60 milliards de nos francs.

Loin d’être la réponse d’une politique de main tendue, ce geste traduit l’intérêt que la Russie porte pour notre pays dans un élan de partenariat gagnant-gagnant. « On est loin de ces propos de sabotage systématique venant d’Alassane Ouattara, qui a affirmé dans une communication diffusée sur les réseaux sociaux (on attend toujours un démenti) que le Mali ne gagnerait que de vieux matériels russes », explique-t-il.

Cependant, Dr. Coulibaly, pense que la lecture qu’il faut faire de cette visite est que les autorités de la transition sont dans la bonne direction sur le plan sécuritaire et qu’il ne doit pas y avoir ni de recul, ni de doute, ni de répit. Il est vrai que le contexte international ne plaide pas pour les orientations que les colonels de Bamako choisissent en ce moment, au vu des conséquences qu’entraîne la guerre en Ukraine, mais force est de constater que la gestion de la sécurité pour laquelle les Maliens dans leur majorité ont soutenu le double coup d’état est largement prise en charge par les autorités de la transition.

Il s’agit maintenant d’intensifier la coopération au plan bilatéral avec la Russie quel que soit le coût des contreparties et d’adopter des stratégies communes avec les voisins qui ont une convergence de vue sur les questions de sécurité et de gouvernance. Au plan national,  il estime que la junte doit intensifier la lutte contre la corruption et faire en sorte que le pays entre en possession de tout le patrimoine spolié à l’état pendant la dernière décennie. Nul n’ignore qu’en ce moment la gestion du quotidien au Mali relève du parcours du combattant et pour y faire face, dit-il, l’Etat doit davantage redoubler d’imagination pour amoindrir sur le très court terme le coût des produits de première nécessité.

Les 35 000 tonnes d’engrais récemment mis à la disposition du Mali pourraient être utilisées dans l’office du Niger, sous le contrôle de l’Etat, pour booster la production nationale. Dans la vie des nations, comme celle des individus, les chemins pris, peuvent être souvent jalonnés de doute, mais un peuple comme celui du Mali est doté de la capacité de tirer les leçons du passé. Les Maliens vivent cette période. « Nous n’avons qu’un choix, celui de persévérer dans la résistance en évitant les rivalités inutiles et en agissant comme un seul homme. Le peuple frère du Burkina qui nous a aidés dans les moments difficiles mérite le soutien et l’appui des autorités de Bamako », a-t-il conclu.

 

Ibrahima Ndiaye

 

 

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