Affaire Pr Broulaye Samaké : arrêt de travail dans tous les centres de santé après vendredi

4

La colère des médecins du Mali ne cesse de monter. Ils ont animé deux conférences de presse ce mercredi 2 avril dont l’un au CHU Gabriel Touré et l’autre au CHU de Point G. Un ultimatum a été lancé pour la libération de leur collègue le Pr. Broulaye Samaké, avant le vendredi 4 avril prochain.

 Une banale affaire foncière entre deux particuliers tourne à une affaire d’Etat. Le CHU Gabriel Touré, l’Hôpital du Mali, les Facultés de Médecine et de Pharmacie et le CHU Point G, tous ces établissements sont en arrêt de travail dont certains depuis le 28 mars. Tous réclament la libération, sans condition, du Pr Broulaye Samaké. Avec les conférences de presse, on en sait désormais un peu plus sur les circonstances de l’arrestation du prévenu et les raisons de la colère de ses collègues médecins.

Médecin de renom, chef de service au CHU Gabriel Touré et enseignant-chercheur, le Pr Broulaye Samaké a été « irrégulièrement » interpellé puis placé sous mandat de dépôt par le procureur du tribunal de la Commune VI suite à la plainte d’un Colonel de la gendarmerie. Ce dernier, avec un document datant de 2023, accuse le Pr. Samaké d’avoir construit sur sa parcelle.

« Non ! », a rétorqué le Pr Samaké en brandissant son titre foncier de 2005. Mieux, la parcelle fait partie d’un lot collectivement attribué aux travailleurs du Gabriel Touré. En dépit des explications, le Pr Samaké a été invité à « démolir » son propre chantier. « Comment est-ce possible sans jugement et sans aucun document de la justice dans ce sens ? », a interrogé l’enseignant chercheur. Pour ce refus, le Pr Samaké est placé sous mandat de dépôt.

Pas de défiance contre la justice

« Notre demande de libération du Pr Samaké n’est pas un acte de défiance contre la justice », a précisé le Pr. Loséni Bengaly, syndicaliste à l’hôpital Gabriel Touré. « Nous ne pouvons tout simplement pas continuer à fermer les yeux alors qu’un collègue est injustement emprisonné, et que sa famille a fêté sans lui », a-t-il ajouté, à la conférence de presse de ce mercredi. Aussi, a expliqué Loséni Bengaly, la première action pour la libération du prévenu n’a pas été l’arrêt de travail. « C’est parce que le dialogue a échoué que nous avons agi ainsi », a-t-il déclaré.

Placé sous mandat de dépôt le 24 mars, le jugement du Pr. Broulaye Samaké est initialement prévu pour ce vendredi 4 avril. Selon Amadou Maïga, l’un des conférenciers, si à la date du vendredi le Pr. Broulaye Samaké n’est pas libéré, tous les Centres de santé communautaires (CScom) ; les Centres de santé de référence (CSREF) et les hôpitaux du Mali entameront un arrêt du travail.

De son vivant, la colère des médecins maliens peut être comprise par le lauréat du prix Nobel de littérature Romain Rolland, lui qui disait : « Quand l’ordre est injustice, le désordre est déjà un commencement de justice ».

Mamadou TOGOLA/maliweb.net

Commentaires via Facebook :

4 COMMENTS

  1. J’espère que les victimes dans les centres et les hôpitaux ont commencé à monter des dossiers pour poursuivre ces fauteurs en justice. Le professeur Sameké est-il en prison à cause de sa fonction ou de son syndicalisme ? Comment les autorités peuvent-elles laisser proliférer ce désordre dans un pays déjà en guerre ?

    • En tout cas Colonel Assa Badiallo Toure doit leur indiquer le chemin de la dignité et de l’honneur! Des Médecins qui font honte a leur metier en abandonnant nos parents malades a la mort a cause d’une fausse cause!

  2. Les médecins doivent savoir que ce sont nos propres parents malades qu’ils ont abandonne a la mort dans nos dispensaires, nos hôpitaux et nos centres de sante! Le serment d’Hippocrate veut dire beaucoup de sacrifices et surtout pas de jeux politiques!

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Leave the field below empty!