Comme à l’accoutumée, la date du 18 mars est passée anodine comme si rien n’allait de soi, au grand dam de l’audience qu’aurait pu s’octroyer le domaine du travail social qui peine à se mettre sous les projecteurs.
Se définissant, en effet, comme la profession ayant pour objectif sublime la protection des personnes en état de vulnérabilité, le travail social malien se singularise par une marginalisation dont la responsabilité est largement imputable à la modestie de ses animateurs. Pour une profession qui regorge d’éminents intellectuels et de cadres chevronnés, rien ne saurait justifier pourtant le retard qu’elle accuse sur d’autres corporations professionnelles nettement plus en avance. En témoignent l’inexistence d’un ordre des travailleurs sociaux, la faiblesse des syndicats dans différents grands départements, la méconnaissance de la plus grande association malienne des travailleurs sociaux (AMTS) du grand public et souvent même de bon nombre des diplômés de l’Institut national de formation des travailleurs sociaux (INFTS) .
Par ailleurs, si la responsabilité des travailleurs sociaux est sans équivoque dans la marginalisation qui pénalise leur corporation, l’ingérence et la condescendance du pouvoir public à l’égard du travail social sont tout aussi évidentes et interpellent à bien des égards. Quoiqu’il paraisse difficile de tenir rigueur à l’Etat pour les déboires de l’ombre que vit la profession, quand on sait que les professionnels de ce domaine, déjà considérés comme la quatrième roue du carrosse, s’y complaisent apparemment et semblent s’accommoder de ce cliché par leur inaction en promotion leur propre famille.
Seydou Diakité