Homosexualité : un phénomène qui gagne du terrain à Bamako

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 Considérée comme une déviance sexuelle honteuse par la plupart des maliens, l’homosexualité est pourtant en train d’attirer beaucoup de jeunes dans son sillage. Ils sont relativement riches, les homosexuels  ne connaissent qu’un problème au Mali : le poids de la tradition et des religions qui ne leur permet  guère d’officialiser ou d’afficher leur tendance. Un homosexuel est une personne qui éprouve une attirance sexuelle pour  les individus de son propre sexe.

Très condamné par le malien ordinaire, le phénomène d’homosexualité  bien

que malpropre aux yeux des bonnes mœurs de notre société, continue son petit bonhomme de chemin dans un pays où les esprits sont dominés  par  les

croyances religieuses (Islam,  Animisme, et Christianisme). La société malienne acceptera-t-elle les homosexuels le jour où ils venaient à afficher publiquement et ouvertement leur tendance ? Là  demeure toute la problématique.

En Europe, le phénomène est passé du cache-cache jusqu’au stade actuel,  

il est perçu comme une façon d’exprimer sa liberté. Mais, même là-bas,  le phénomène, n’est guère toléré par tous… Seydou Touré, un étudiant que nous avons approché,  s’est montré  révoltant contre une pratique qu’il juge honteuse et intolérable.

"Je ne souhaiterai pas collaborer avec une personne de ce genre…" a –t  – il déclaré. Un autre habitant de Bamako approché par nos soins mais   qui a requis l’anonymat a estimé que les homosexuels ont leur vie à faire,  avant de lancer :  "je crois que chacun doit s’occuper de la sienne…"

Communément appelé à Bamako "branchés ou pédés", les homosexuels vivent dans un milieu bien déterminé et bien connu des adeptes. Ils ont leur association et se rendent quotidiennement visite.

Leur lieu de prédilection, les bars et les coins feutrés de la capitale qu’ils animent constituent une grande clientèle. Une "gouine" ou  lesbienne (femme homosexuelle) connue pour sa  richesse n’hésite pas à draguer  une autre femme qu’elle rencontre dans leur coin. Il en est de même pour  les pédés            (homosexuel homme).

Les homosexuels sont conscients de l’exclusion dont ils sont victimes  dans une société qui n’est pas prête à tolérer cette pratique jugée  malsaine.

Conscients également de la stigmatisation dont ils font l’objet, les "gouines et pédés", du fait de leur appartenance à une couche sociale minoritaire, se trouvent constamment sur la défensive.

L’instinct de survie crée chez eux des sentiments d’entraide et de solidarité très poussés. Ils ont besoin de se faire accepter, relever

Un défi et prendre leur revanche sur ceux là qui les repoussent et les haïssent. Leur survie dépend effectivement de l’issue de ce combat. Aujourd’hui, selon Amadou Coulibaly, sociologue, la situation  économique relativement aisée des homosexuels, leur permet de recruter parmi la jeunesse. Les causes de l’homosexualité ont longtemps été attribuées à une

maladie, un problème psychologique, selon le sociologue.

Certains jeunes maliens tentés par le goût du gain facile n’hésitent  pas à mordre à l’appât. La curiosité explique somme toute le phénomène.

Au Mali, parler d’homosexualité aux religieux c’est leur rappeler le  péché de Sodom et Gomor. L’imam d’une mosquée de Magnambougou avec lequel  nous nous sommes  entretenu sur la question a sévèrement critiqué le  phénomène en s’appuyant sur certaines sourates du Coran. Selon l’imam, l’islam a classé la sodomie parmi les grands péchés. Par conséquent, la pratique est déconseillée pour tout être humain qui  vit

en société, il est passible de la peine de lapidation,  a-t-il déclaré.

Le phénomène d’homosexualité est en fait un sujet tabou dans notre  pays. La frange d’âge adulte et le troisième âge se réservent d’en parler.  C’est surtout la frange jeune qui en parle.

 

L’argent  le nerf…du sexe

L’origine de la fortune des homosexuels connaît beaucoup de  ramifications.

Selon nos sources, les expatriés,  en l’occurrence les touristes, contribuent beaucoup sur le plan financier. De l’argent frais, on en trouve beaucoup dans ce milieu qui ressemble  fort à une société sécrète.

De source bien informée, on apprend qu’ils ont des correspondants en Europe, en Amérique qui financent leurs activités sur place mais en catimini. Ils investissent surtout dans la couture, dans la vente des sex-shop et autres activités similaires.

Beaucoup de stylistes sont soupçonnés d’appartenir à cette société et  pour cause leur manière d’être, leurs démarches, leurs gestes sont féminisés quand ils sont masculins et vice-versa.  Au cours de cette enquête, la plupart des homosexuels que nous avons rencontrés n’ont pas voulu nous décliner leur identité.

Nous avons pu constater qu’en général, ils sont des gens très cultivés  et le plus souvent polyglottes.

Les partisans de la sodomie ne souffrent pas pourtant dans leurs  cachots à trouver facilement un partenaire à cause des billets craquants qu’ils exhibent. L’argent dans ce milieu, constitue une des motivations essentielles de ce qu’on peut qualifier de  "commerce".

Sinon, s’indigne un sociologue, comment deux personnes possédants le  même sexe arrivent à se donner des jouissances mutuelles…sur le plan sexuel  ?

C’est justement là qu’intervient, selon l’imaginaire populaire, le  support économique.

Almahady M.  Cissé

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