Jeunesse et politique au Mali : Les cris de cœur de Dr. Bréhima Sissoko

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Parti d’un constat général, je me suis rendu compte qu’il  est important de noter que la majeure partie des crises politiques en Afrique ont vu la participation de la jeunesse. Qu’en est la vraie cause ?

Norbert Zongo, illustre journaliste burkinabé, incitait la population, en particulier la jeunesse, à s’impliquer d’avantage dans la politique, et disait dans le temps : “Si tu ne fais pas la politique, c’est elle qui te fera”. Cependant, à quoi pouvons-nous bien penser, nous jeunes africains qui militons auprès des hommes politiques ? C’est la question qui me taraude l’esprit. Sans pour autant prétendre connaître la réponse. J’essaye tout de même de me convaincre que c’est pour de bonnes raisons.

De nos jours, nous jeunes africains, ayant conscience de notre responsabilité à être les élites de demain, sommes beaucoup présents en politique, ce qui n’était pas le cas auparavant. Nous choisissons de nous inscrire à un parti, nous nous rendons à des meetings… bref l’engagement politique semble présent. Ces nouveaux militants politiques que nous sommes ont comme objectif de faire bouger les choses dans nos pays. Défendre les intérêts de la jeunesse paraît être nos préoccupations majeures.

Nous nous levons ainsi pour revendiquer notre droit à des conditions de vie décentes. Nous, jeunes africains longtemps défavorisés, voulons à travers notre engagement politique, avoir la liberté de choisir notre mode de vie. Et s’il n’y avait pas à choisir et que nous étions réduit à un seul mode de vie : la pauvreté? Comprenant ainsi cet état de fait, nous décidons de construire notre lendemain et cela ne peut se faire qu’à travers la politique. Néanmoins, la politique est-elle le meilleur moyen pour nous de participer au développement de nos pays?

Sans pour autant connaître les rouages de la machine politique africaine, la jeunesse africaine désillusionnée s’est éprise de la politique en adhérant à des partis politiques. Malheureusement pour nous, il existe en Afrique un grave problème d’incompréhension du militantisme politique et surtout de la machination des hommes politiques.

La jeunesse milite pour un parti donné sous l’influence de la famille, du lien social, de la religion ou de la propagande des masses médias et non pas parce que nous partageons les idéologies de ces partis. Nous ne disposons pas de ce qu’on appelle une culture politique nous permettant de faire la différence et de pouvoir participer dignement à l’avenir politique de nos pays. Certes, l’engagement politique des jeunes en Afrique est une bonne chose pour une démocratie.

Néanmoins, c’est la manière de militer et de se laisser manipuler qui reste à désirer. Les règles de l’art du militantisme sont absentes, cela se traduit par des conflits entre les militants de différents partis politiques, altercations entre militants, des manifestations virant aux guerres civils (exemple du Rwanda, de la Cote d’Ivoire, la Centre-Afrique…), au règlement de compte ou encore des descentes courantes dans les rues pour bouleverser l’adversaire avec comme conséquence des destructions des biens publics c’est là tout l’opposé du militantisme.

La politique étant l’affaire de tous, je dirais comprendre la politique, vouloir militer pour un parti c’est avant tout comprendre les besoins de développement de son pays.

Aussi, nous pouvons opter pour une reconversion : “faisons des économies car elles nous seront d’une grande utilité, plutôt que de faire la politique qui nous asservit”.

Dr. Sissoko Bréhima, nutritionniste

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