Partis politiques au Mali : Le chaos après le père fondateur

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Au Mali, ils sont nombreux les partis politiques qui connaissent des divisions après la disparition de son président fondateur. C’est donc le cas actuel à l’URD et au RPM. Les disparitions de Soumaïla Cissé et d’IBK ont entraîné des fractures.

Au Mali, les séismes au sein des partis politiques constituent un phénomène presque normal. Il est fréquent dans les démocraties pluralistes, au Mali et ailleurs. Ce n’est donc pas une réalité isolée, mais quelque chose de fréquent dans tous les pays où la création de nouveaux partis relève d’un droit citoyen reconnu. Quant au cas précis des remous après la disparition des présidents fondateurs, il s’explique par deux raisons essentielles selon Yaya Traoré, politologue.

La première est la figure du président-fondateur qui rassemble, fait taire momentanément les ambitions et les rivalités. La seconde, selon l’expert, à sa disparition, normal que les appétits personnels et les velléités de contrôle du parti se réveillent et deviennent plus prononcés. A l’entendre, la nature ayant horreur du vide, les ambitions nouvelles deviennent normales et légitimes pour prétendre au fauteuil de chef. Cependant, le politologue pense qu’il est difficile d’éviter cela tant que les partis ne développent pas une démocratie interne.

« Tout ne doit pas tourner autour du chef. Même avec une telle pratique démocratique au sein des partis, les ambitions personnelles sont compréhensibles et normales. Ce n’est pas une question de morale, mais de réalisme. La démocratie pluraliste s’accommode de la pluralité des ambitions et de la création périodique de nouveaux partis », dit-il.

Selon un militant de parti politique, la plupart des présidents de partis politiques une fois au pouvoir, se font de nouveaux amis, des amis de circonstances. A ses yeux, ceux-ci sont à l’origine de beaucoup de désordre ou d’indiscipline dans les états-majors politiques. Ils sont malheureusement en grande partie favorisés au détriment des militants qui, le plus souvent, ont tout abandonné ou tout perdu à cause du parti.

Généralement au niveau des partis, le président est le seul et unique bailleur de fonds. C’est le président qui prend l’initiative, donne l’ordre, valide tout ce qui se passe. Il est au début et à la fin de toutes les activités. Il est évident de constater qu’à son décès, les activités cessent et le parti explose.

Mohamed Dembélé, un autre politologue, estime que le système de nos partis politiques n’envisage pas la succession du chef. Selon lui, les présidents fondateurs sont généralement des personnes qui ont déjà acquis une certaine personnalité, une compétence, une richesse morale et financière. Ils créent le parti en faisant adhérer les personnes qui leur sont fidèles et dévouées. Personne n’ose parler de la succession du chef de son vivant. Personne n’ose lui dire la vérité sous peine de se voir écrasé ou écarté. « Ce qui fait qu’un départ brutal de ce dernier trouvera qu’il n’y a aucune préparation », dit-il. Pour lui, le chef doit savoir partir à temps. Par ailleurs, M. Dembélé pointe une défaillance de l’État.

Ibrahima Ndiaye

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URD

Le cri au loup

 Finalement qui a la réalité de l’URD ? Car, au vu de la liste des « exclus » et des « suspendus » du parti, il ne devrait plus en rester !

L’URD a fait un congrès qui a été validé et qui, visiblement, a regroupé toutes les figures légitimes du parti. Dans un communiqué qui circule sur les réseaux depuis deux jours, Salikou Sanogo décide « d’exclure » certains camarades et « suspendre » d’autres. La majorité simple du BEN de l’URD est de 134 membres sur 266. Alors comment une minorité de 90 personnes présentes à la rencontre peut exclure la majorité au sein du parti ?

L’idée est-il « après moi le chaos » ? Car, on voudrait tout détruire qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Est-ce le fait d’avoir perdu la réalité du pouvoir, malgré la volonté manifeste de s’accrocher qui a amené à cette réaction ?

La liste des « exclus », ne compte que des personnalités de premiers plans : plus d’une dizaine de vice-présidents et pas moins que le secrétaire politique ! A cela, on ajoute une vingtaine de « suspendus » pour 6 mois, avec en tête le tonitruant Mamadou Hawa Gassama, le président de la jeunesse ou encore d’autres occupants des postes clefs.

 

Kourechy Cissé

 

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