Dans le cadre des activités préparatoires de la 2ème édition du Forum sur le Développement du cercle de Gourma Rharous prévue du 20 au 21 décembre 2011, l’Association des Ressortissants et sympathisants pour le développement du cercle de Gourma Rharous a tenu, le dimanche 16 janvier 2011, une assemblée générale d’information à la Maison de la presse. La cérémonie était présidée par le président de l’association, Moussa Doudou Haïdara, qui avait à ses cotés le président du conseil de cercle, Mohamed Ag Issouf Ibrahim, le député élu à Rharous, Mohamed Ag Houd dit Atta et de plus d’une centaine de membres de l’association venus pour la circonstance.
Lors de son adresse à la nation le 31 décembre dernier, le président de la République, Amadou Toumani Touré a en effet rendu public le projet de la création de 11 nouvelles régions administratives, complétant à 19 les régions du Mali. Parmi celles-ci, le nom de Gourma Rharous ne figure point. Chose qui a provoqué la colère noire des ressortissants du cercle qui n’entendent pas s’arrêter de si bon chemin. Aux dires des conférenciers, le 12 janvier dernier, la population de Rharous a marché pour aller remettre une motion de protestation au préfet. Parallèlement, à Bamako, les ressortissants de la dite localité ont entrepris une démarche pour au moins situer les responsabilités et trouver une issue pour que Rharous soit érigé en région.
A l’issue de l’assemblée générale d’information, une déclaration a été faite dont voici la teneur. Notons, par ailleurs, que cette assemblée pourtant bien couverte par l’Ortm dont les frais ont été payés rubis sur ongle, n’a pas été non plus diffusée sur les antennes. On ne sait pas pourquoi au point qu’on se pose mille questions sur les raisons d’un tel black-out. Alors, est passé le slogan « Ortm, la passion du service public » ?
Boubèye Maïga
Déclaration de Gourma Rharous
Nous, résident, ressortissants et sympathisants du cercle de Gourma Rharous, réunies en assemblée générale d’information à Bamako le seize janvier deux mille onze, dans la salle de conférence de la maison de la presse ;
Déclarons que :
– Vu la constitution d’une région naturelle composée de plaines, de dunes, de sables, de montagnes, de mares, d’oasis et de faunes rarissimes.
– Vu que la zone concernée au Mali est entourée des cités historiques telles que Gao à l’Est, Tombouctou au Nord, Mopti à l’ouest et le Burkina Faso au Sud.
– Vu que cette région est riche d’un brassage ethnique et culturel où se côtoient éleveurs Peuhl, agriculteurs Songhaï, nomades Touareg et commerçants Maures et arabes.
– Vu que les derniers éléphants du désert de l’Afrique vivent dans cette zone ; et transhument librement de la ville de Gourma Rharous au Burkina Faso, en passant par le Sérère, et Inadiatafane leur berceau.
– Vu que les diagnostics régionaux réalisés en 1986, actualisés dans le cadre de la décentralisation, ont démontré que l’essentiel de la richesse végétale et faunique se trouve sur le territoire du cercle de Gourma Rharous avec une superficie d’environ 60 000 km2.
– Vu l’aspiration des populations du cercle de Gourma Rharous, toutes communautés confondues (Songhoïs, touaregs, arabes et Peuhls), à voir le cercle de s’ériger en région, en cas de nouveau découpage administratif et territorial du Mali.
– Vu que dans toutes les études publiées, réalisées par les différents gouvernements du Mali, la création de la région du Gourma, avec comme capitale régionale la ville de Gourma Rharous était prévue, et paraissent comme étant une condition sine qua non du développement de ses potentialités économiques et culturelles.
– Considérant, l’annonce du projet de découpage des nouvelles régions du Mali par son excellence le président de la république du Mali Amadou Toumani Touré le 31 décembre 2010.
– Considérant, que la région du Gourma avec capitale régionale Gourma Rharous, ne fait partie des propositions des régions à créer.
– Vu qu’à aucun moment, ni occasion, les élus locaux du cercle de Gourma Rharous, encore moins les populations, n’ont été associés à un processus nouveau de découpage administratif et territorial de notre pays.
– Considérant, qu’à aucun moment, les problèmes qui entravent le développement socio-économique régional des neuf (9) régions existantes, n’ont été isolés et traités, dans une publication validée par l’ensemble des acteurs du développement.
– Considérant, que le besoin de rapprocher l’administration des administrés, est ressenti à plusieurs niveaux comme à Gourma Rharous, qui est à 162 km de Tombouctou le chef lieu de région.
– Considérant que le Gourma Rharous, est le cercle de la région le plus distant du chef lieu de région avec une accessibilité très difficile.
– Considérant que le cercle de Gourma Rharous est le seul cercle de la région de Tombouctou, se situant à la rive droite du fleuve Niger, et avec une identité culturelle très spécifique.
– Considérant que les potentialités économiques du cercle de Gourma Rharous sont des plus nombreuses et sous exploitées de la région de Tombouctou.
– Considérant que la démographie du cercle est l’une des plus importantes numériquement de la région, avec de 140000 habitants.
– Considérant que les populations du cercle de Gourma Rharous, toutes communautés confondus, tous partis politiques confondus, toutes organisations syndicales confondues, toutes couches socioprofessionnelles, dernière tos les élus du cercle, député national, président du conseil de cercle, conseillers nationaux, maires des 9 communes ont remis une motion au préfet du cercle, le 12 janvier 2011, sur la nécessité de créer la région du Gourma Rharous avec chef lieu de région Gourma Rharous.
Encourageons, son excellence le président de la république dans son ardent désir et volonté d’approcher l’administration des administrés et le développer les potentialités économiques du Mali notamment du Gourma.
Réclamons :
– La création d’une région intitulé région du Gourma, avec chef lieu de région Gourma Rharous.
– Une région du Gourma qui, sauvegarder l’identité et la culture des communautés qui la compose, dans les limité du cercle de Gourma Rharous actuel.
Assemblée Générale