Grogne aux affaires étrangères : Le syndicat hausse le ton

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Abdoulaye Diop
Abdoulaye Diop, ministre des affaires étrangères

Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine, Abdoulaye Diop, a du souci à se faire dans son département. Et pour cause, le mécontentement des travailleurs est criard. Le syndicat qui ne fait pas dans la dentelle commence à hausser le ton. La brèche est désormais ouverte. Le ministre Abdoulaye Diop, au lieu d’écouter le syndicat, joue au faux fuyant et cristallise les mécontentements à mesure que le temps passe.

C’en était trop !  Et le syndicat libre des travailleurs des Affaires étrangères (Syltae) qui ne fait pas dans la dentelle a annoncé la couleur à l’occasion de la présentation des vœux du personnel du ministère des Affaires étrangères au ministre. Il dénonce auparavant le manque de communication d’un ministre abonné à l’omerta dont même les correspondances des syndiqués étaient ‘’jetées dans les poubelles du cabinet’’ ou ignorées. Voué aux gémonies par Mamadou Kéïta, secrétaire général du Syltae, le ministre qui était resté blotti dans son siège, laisse entrevoir un effarement farouche, en attendant son temps de parole.

Le syndicat revendique principalement deux choses : un plan de carrière pour les travailleurs, et un statut autonome. Aussi le ministre et le syndicat avaient-ils signé un protocole d’accord qui parle éloquemment du statut autonome et des dotations. En revanche, grande était la surprise des syndicalistes et des travailleurs quand le ministre a superbement ignoré ses engagements. Aussi, les mouvements diplomatiques, rarissimes ces derniers temps, ne se font pas dans les règles de l’art, estime le secrétaire général Kéïta. Pour lui, tout est fondé sur le copinage, le clientélisme, le raccourci et la  corruption. Avant de lancer que le ministre a plutôt un agenda politique qui prime sur le plan de carrière des travailleurs du ministère des Affaires étrangères.

Au sein du personnel des Affaires étrangères, l’amertume et la tristesse gagnent  les visages en quête d’un lendemain meilleur. On ne comprend pas Abdoulaye Diop, lui, qui est un des leurs et dont sa nomination a suscité de l’espoir en leur sein les a tournés en bourrique par rapport à leurs revendications.

En dépit du fait que le ministre a coupé les ponts avec le syndicat, la vraie pomme de discorde qui les oppose est d’autant plus légitime que ce dernier l’a reconnue. Il a qualifié les revendications de ‘’légitimes’’, avant de battre en retraite. Bottant en touche les sévères reproches du secrétaire général du syndicat, Abdoulaye Diop prêche la compréhension. Selon lui, il ne ferait pas de promesses creuses et que ses intentions étaient bonnes pour sa ‘’famille’’ (personnel des Affaires étrangères) mais qu’il faille tenir compte de la réalité des choses. C’est-à-dire que le politique doit avoir son mot à dire. Pour illustrer cela, le ministre Diop dit sèchement: « un plan de carrière n’est pas un logiciel qu’on sort d’une machine… ». La désapprobation de l’assistance à peine voilée aux propos du ministre, le soutien des travailleurs à leur syndicat était nettement visible avec les applaudissements nourris qui ont émaillé le discours du Secrétaire général Kéïta, lors de la fameuse cérémonie de présentation de vœux.

Le Syltae ne compte pas baisser les bras ni faire de cadeau à un ministre qui s’est manifestement plié aux injonctions politiciennes qui ont toujours joué un sale tour aux travailleurs des Affaires étrangères en quête d’un plan de carrière, promet Mamadou Kéita. Un syndicat qui a pris des muscles avec l’union retrouvée.

Alhassane H. Maïga

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2 COMMENTAIRES

  1. Je crois que vous n’êtes réellement pas à la page. Rien n’oblige un syndicat de travailleurs à appartenir à une seule centrale syndicale. Monsieur nous sommes en démocratie et ce que vous prônez pouvait marcher au temps de Moussa ou il n’y avait que l’UNTM à l’époque. Voici des gens qui veulent participer à des débats et ne savent même pas faire la différence entre leur nez et leur bouche.
    Ah vous plaidez la cause d’une centrale qui s’est écroulé sous son propre poids à cause de la grande corruption qui entoure cette entité moribonde. C’est ce même Siaka qui est à la base de l’émiettement de cette vieille vache incapable d’apporter le moindre changement dans la situation difficile des travailleurs maliens. Quant le Secrétaire Général des travailleurs transmet une liste de personnes à recruter illégalement comme fonctionnaire en foulant au sol les textes qu’il est censé défendre , il ne faut pas attendre un miracle de la part de ces corrompus jusqu’à la moelle épinière.
    La petite histoire sa toute dernière femme est dans le lot de ceux qui sans savoir qu’ils sont entrés frauduleusement dans la fonction publique réclame un droit que nous ne pouvons rencontré qu’au Mali d’ATT et des siaka DIAKITE.
    C’est à cause de l’UNTM que les luttes des Affaires Étrangères ne pouvaient pas aboutir. vive la liberté syndicale!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  2. Les agents du Ministère ne sont ils pas des travailleurs de la fonctions publique? Le syndicat doit s’approcher de l’UNTM pour faire valoir leur revendication. Mali qu’el malheur pour ton peuple?

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