En exclusivité le Professeur Younous Hamèye Dicko, président du Rds : “On ne peut pas se contenter d’une majorité, ça ne fonctionnera pas, ça ne fonctionne pas. Il faut l’accord d’une nation”

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“La gestion d’Ibrahim Boubacar Kéita a commencé dans les circonstances très difficiles”

 

Younouss Hameye Dicko
Younouss Hamèye Dicko

“Vous savez que dans les sondages qui viennent de sortir chez Galop le président IBK a 86 % de popularité, premier de l’Afrique. Par rapport aux pays voisins, le président le plus coté tourne autour de 70%, il s’agit du Burkina Faso; notre voisin du Niger, le président Issouffi, est à 64 %; notre frère du Sénégal, Macky Sall, est à 63 %. Pour vous dire tout simplement que c’est vrai qu’il ya des difficultés, mais IBK reste toujours la chance du Mali. Et 86 % c’est énorme, même si à notre niveau malien on ne regarde pas tout cela. Mais nous sommes convaincu que c’est l’homme qu’il faut aider pour obtenir ce que nous obtenons, c’est-à-dire libérer notre pays”

 

Le président du parti Rassemblement pour le Développement et la Solidarité (Rds), le professeur Younous hamèye Dicko nous a livré un entretien, au cours duquel il donne son point de vue sur les négociations avec les rebelles, la manière dont le pays est géré par le Président Ibrahim Boubacar Kéïta et la présence militaire française à long terme sur notre territoire.

 

Nouvel Horizon : Le lectorat de Nouvel Horizon peut-il savoir qui vous-êtes?

            Pr. Youonous Hamèye Dicko : Je suis le professeur Younous Hamèye Dicko, président du Rassemblement pour le Développement et de la Solidarité (Rds). Le parti appartient à la mouvance présidentielle.

 

Nouvel Horizon : L’Etat mène actuellement des négociations avec des groupes rebelles. Quelle est la position de votre parti par rapport à ces négociations ?

            Pr Younous Hamèye Dicko : Rds a toujours souhaité que ce pays vit en paix et la meilleure façon de vivre en paix c’est d’appliquer les principes de la démocratie. En démocratie, tout se discute. Nous partis politiques, notre rôle en démocratie c’est de dénoncer les principes mauvais et de soutenir les principes que nous soutenons, que nous voulons voir appliquer sur l’ensemble du territoire national. Et ce débat permet d’obtenir des résultats sans prendre des armes. Donc pour nous, la meilleure façon c’est la négociation dans le cadre d’un Etat démocratique, d’un Etat de droit qui permet l’expression de toutes les intelligences, de toutes les cultures et cette démocratie doit être porteuse d’un avenir pour chaque citoyen.

 

Donc on nous a imposé une guerre, en tant que pays, en tant que nation, nous sommes obligés de nous défendre. Mais l’objectif est que nous puissions tous vivre ensemble, quelque soit nos religions, nos couleurs, nos éthnies, nos philosophies, nous devons vivre ensemble et ce vivre ensemble exige de nous une tolérance que nous avons si pratiqué depuis des siècles. Et aujourd’hui, malgré les armes, nous pensons qu’il faut négocier pour aplanir les difficultés. C’est pour cela que nous souhaitons ce que nous venons d’engager à Alger : faire des négociations pour que la paix revienne dans notre pays et surtout pour que nos enfants et petits enfants vivent sur une terre de paix où chacun se sent chez soi.

 

 

            Nouvel Horizon : Votre formation va-t-elle soutenir publiquement ces négociations qui se mènent actuellement à Alger ?

            Pr Younous Hamèye Dicko : Le Rds soutient publiquement les négociations qui se mènent à Alger. Naturellement, les négociations qui se mènent à Alger doivent se faire selon des normes, des principes et de façon inclusive. Le Mali en tant que nation doit maîtriser sa position par rapport aux négociations, le Mali en tant que nation doit avoir une stratégie par rapport aux négociations. Nous savons tous que ces négociations nous les menons parce que notre pays a été en danger dans son existence même, notre intégrité territoriale est menacée, notre unité nationale est menacée, notre liberté dans notre propre pays est menacée pas seulement avec des rebelles, mais par des étrangers djihadistes qui sont venus nous imposer ce que nous ne pouvons pas accepter.

 

D’abord parce que nous n’avons pas besoin. Vous et moi, on ne peut pas nous imposer l’islam. Nous sommes ici, le Mali est un pays d’Islam, le Mali est un pays de croyants et le Mali n’a besoin d’aucunes leçons d’islamisation ou de christianisation ou de quoi que soit. Nous sommes des croyants depuis le huitième siècle. Face à ces menaces, il nous faut avoir une façon de faire, c’est-à-dire que les citoyens maliens doivent être informés et doivent connaitre où est-ce qu’on va les mener et c’est çà qui est important dans les négociations.

 

Nous voulons tous l’intégrité territoriale, l’unité nationale, la paix sociale, la sécurité intérieure et extérieure et nous devons avoir à notre niveau les moyens d’atteindre ces objectifs. Donc la première force pour atteindre ces objectifs, c’est l’unité nationale. Il faut aider celui qui conduit l’Etat pour le renforcer, non seulement à l’intérieur, mais aussi par rapport à ses interlocuteurs. Il est important aujourd’hui qu’on sente que le chef de l’Etat qui mène ce travail là a derrière lui la force de la nation, la force de la classe politique, et la force de la société. Il est important que toutes ces entités marquent leur adhésion à ce qu’on attend de ces négociations.

 

 

            Nouvel Horizon : Depuis bientôt un an, le Président Ibrahim Boubacar Keita commande le “bateau Mali”. Quelle analyse faites-vous sur sa gestion ?

            Pr Younous Hamèye Dicko : La gestion d’Ibrahim Boubacar KEita a commencé dans des circonstances très difficiles. Il y avait des défis partout. Il est extrêmement difficile de voir un chemin sans avoir fait des choix précis, simples et pas très nombreux. Les défis qui étaient là, il y en avait tellement qu’il faut en prendre quelques uns, sinon un. Pour nous, le défi principal c’est la sauvegarde du territoire malien. Pour nous au Rds, la corruption n’est pas notre priorité; 90 % des gestionnaires, des responsables sont corrompus. Ça, on ne peut pas, en cinq minutes, régler ça. Notre économie a pris un coup, ça ne se règle pas en cinq minutes. Par contre pour nous tous, les efforts doivent se concentrer strictement à régler les problèmes de paix dans notre pays. L’intégrité territoriale, c’est notre priorité.

Nous avons élu, presque plébiscité le président IBK pour régler le problème du nord. Mais il a trouvé sur place beaucoup de problèmes vitaux qui ont fait que la résolution du problème du nord n’a pas été immédiatement prise en compte. Donc on a tout fait pour le déstabiliser à cause du problème du nord, parce qu’il a des idées que le peuple a partagées, mais il ya des ennemis de ce pays à l’extérieur qui ne voulaient pas voir ça. Donc ils l’ont attaqué de toute part.

 

Vous vous souviendrez de l’histoire d’avion. C’est vrai que cet avion là, c’est un droit pour le peuple malien d’avoir un avion. C’est même un devoir de l’avoir maintenant. Il appartient au Chef de l’Etat de bien choisir le moment d’avoir son avion, il a choisi le moment de l’avoir, je crois que ce moment est même dépassé aujourd’hui. Nous devons nous mettre au travail, oublier l’avion, oublier tous les problèmes qu’on raconte de gauche à droite et s’engager dans la voie de récupérer notre pays.

 

Si nous nous battons, si nous nous querellons, c’est parce qu’on a un pays. Les gens se sont mis à se quereller à cause des choses d’à côté. Ils ont oublié l’essentiel qui est notre pays que nous ne possédons pas aujourd’hui. Plus de 80 % de ce pays ne connaît pas l’autorité de la République du Mali. Toute cette partie du Mali vit sous une autre autorité ou plutôt sans autorité, les gens ne se rendent pas compte à Bamako où on fête.

 

On ne peut pas fêter et faire la guerre, mais il faut aussi que l’Etat inculque aux gens que nôtre pays nous échappe et qu’il faut des priorités.

 

La priorité, c’est d’organiser nos forces de sécurité, nos forces de défense. Il y a des lois de programmation militaire qui nous donnent tous les moyens pour financer nos forces de défense et de sécurité, on ne les applique pas, on va chercher l’argent ailleurs. Mais les autres ne vont pas faire la guerre pour nous. Ils ne nous donneront pas l’argent pour notre guerre, ils nous donneront de l’argent pour notre éducation, pour l’agriculture, des choses qui sont convenables plus ou moins, les efforts de guerre c’est nous.

 

Donc je pense que tous ces problèmes ont été là pour le début d’un mandat, qu’il sort d’une situation extrêmement déliquescente. Et maintenant je crois que nous avons fait nos premiers pas, il ya eu des erreurs, il faut absolument que maintenant nous corrigeons le tir, c’est ce que nous sommes en train de faire. C’est ça que le président est entrain de faire. Je crois qu’il a très bien compris ce qui s’est passé au bout de ces dix mois et aujourd’hui, il est indispensable qu’on resserre les rangs, qu’on corrige le tir.

 

Jusqu’ici, la stratégie n’est pas claire, même la stratégie de récupérer notre territoire n’est pas claire. Nous ne sommes pas seuls, nous sommes avec la communauté internationale, nous sommes avec les problèmes internes, nous sommes avec des stratégies. Il faut solutionner tout ça d’abord. Il faut que nous trouvons tous les voies et moyens pour rassembler autour du Président pour aller aux négociations, une majorité présidentielle ne peut pas résoudre ça. Mais vous journalistes vous le savez mieux que nous qu’aucune majorité présidentielle ne peut réussir une guerre, c’est une nation qui peut réussir une guerre. C’est pour cela aller aux négociations il faut ça. Il faut l’unité nationale, il faut que le président rassemble les gens. Ceux qui ont voté pour lui et ceux qui n’ont pas voté pour lui, il faut que tous ces gens soient conscients pour aller négocier, pour sauvegarder leur territoire. Pour montrer à l’adversaire qu’il n’y a pas d’opposition, qu’il n’y a pas de majorité pour ça. S’il y a opposition et majorité, c’est parce qu’il y a un pays.

 

Donc c’est sur cet aspect que j’insiste, parce que pour moi cet aspect n’est pas réalisé. Il ne s’agit pas de faire un gouvernement. Le Président est élu, il nomme son Premier ministre, il nomme ses Ministres, il gère. Ça c’est en temps normal, en temps de paix. Lorsqu’il y a des problèmes, on ne peut pas se contenter d’une majorité, ça ne fonctionnera pas, ça ne fonctionne pas. Il faut l’accord d’une nation.

 

Je me souviens, vers les années 94, la rébellion nous a mis à mal ici. Comment nous avons réglé ce problème? Alors que les Européens étaient entrain de prendre partie pour la rébellion, nous avons réuni tous les partis politiques, oppositions et majorité au Palais de la culture, nous avons fait une déclaration commune, ils nous ont laissé en paix. Ce n’était pas une affaire d’Alpha.

 

Aujourd’hui, ce n’est pas une affaire d’IBK, c’est une affaire de vous et moi, de chaque citoyen, donc c’est normal que nous ne croisons pas les bras pour que les gens négocient pour nous, qu’ils fassent la guerre pour nous. C’est nous qui négocions.

 

La gestion telle que les gens la voient n’est pas aussi mauvaise qu’ils croient. La gestion a commencé dans de très grandes difficultés, on ne sait même pas comment on est là aujourd’hui. Peut-être on est là aujourd’hui parce qu’on a eu un président qui a été plébiscité, sinon les dix mois là on allait craquer déjà.

 

Donc ce qui a été déjà fait me paraît être dans le bon sens, parce que nous sommes arrivés à ce début de négociation à notre corps défendant. Car je l’ai dit, il y a eu des erreurs.

 

Pour nous au RDS nous pensons que les évènement du 17 et du 21 mai ont constitué un grand recul pour le Mali, parce que nous étions pratiquement en position de force à cette époque-là. On n’a pas attendu que ces forces puissent produire leur effet. Et ce que nous avons vécu, nous a fait beaucoup de mal psychologique en tant que maliens, mais ça nous a fait beaucoup de torts dans la sous-région et dans le monde. Et ça, nous devrons le dire, même membre de la majorité présidentielle. Il faut qu’on le dise, parce qu’il ne faut pas recommencer ces genre de choses.

 

Et je pense que la gestion commence à porter ses fruits. Malgré ces évènements, les gens savent que nous sommes décidés, que le président est décidé. En tant que chef d’Etat décidé, il est toujours avec des hommes et femmes décidés avec lui. Il ne faut pas que les gens pensent que nous n’existons pas, nous sommes sur la scène avec la même vigueur, et cette fois mieux préparer.

 

Il faut que la paix puisse se préparer et que les gens comprendre que la paix va revenir. Nous sommes une nation, il ne faut pas la bafouer. Nous allons réagir d’une façon ou d’une autre pour préparer la paix et pour préparer la paix, il faut avoir des ressources sinon les bonnes manières ne suffiront pas toujours.

 

Donc je pense que la gestion n’est pas ce que les gens pensent, il faut analyser les choses. La situation dans laquelle on a commencé, il ya beaucoup de choses qui n’allaient pas. J’ai toujours les mots à l’esprit de Monseigneur Luc Sangaré. Au début de la révolution, il a dit qu’ouvrir un robinet resté longtemps fermé l’eau sale va sortir au début. Chez nous, ce n’était pas un robinet qui est resté fermé longtemps, c’était un robinet cassé, c’était des dégâts qui ont eu lieu dans le pays. Pour reconstituer toutes les canalisations, toutes les conditions, ça pose problème.

 

Aujourd’hui, je pense que ce qu’on est entrain de faire c’est de refaire tous les couloirs de réflexion, de gestion, mener à bien notre pays. Je pense que dans les prochaines décisions, on y verra plus clair et je reste optimiste parce que vous savez que dans les sondages qui viennent de sortir chez Galop le président IBK a 86 % de popularité, premier de l’Afrique.

 

Par rapport aux pays voisins, le président le plus coté tourne autour de 70%, il s’agit du Burkina Faso; notre voisin du Niger, le président Issouffi, est à 64 %; notre frère du Sénégal, Macky Sall, est à 63 %. Pour vous dire tout simplement que c’est vrai qu’il y a des difficultés, mais IBK reste toujours la chance du Mali. Et 86 % c’est énorme, même si à notre niveau malien on ne regarde pas tout cela. Mais nous sommes convaincu que c’est l’homme qu’il faut aider pour obtenir ce que nous obtenons, c’est-à-dire libérer notre pays. Le reste on le fera après. C’est-à-dire les finances, la corruption, etc. On règlera ça à très long terme.

S’attaquer à la corruption, ça veut dire qu’on disperse les rangs. Les gens ne suivent pas, lorsqu’il y a beaucoup de gens corrompus. Ils ne vous suivront pas dans ce combat, ils vont tenter de vous faire échouer. Donc il faut avoir tous les atouts pour pouvoir lutter contre ce fléau.

 

Nouvel horizon : Quelle est votre opinion sur la présence militaire française à long terme sur notre territoire?

Pr Younous hamèye Dicko : Vous savez que j’ai dirigé la Copam, nous nous sommes méfiés de toute intervention étrangère dans ce pays, pas seulement la France, la Cedeao. On en voulait pas parce que nous étions convaincus que la Cedeao ne pouvait pas mener la guerre pour nous, la France pouvait mener la guerre avec nous, mais nous ne voulons pas d’occupation de ce pays, parce que nous savons que toute intervention étrangère ça ne se fera pas en cinq mois. Mais pour que les armées étrangères foulent votre sol, c’est parce que vous n’avez pas pu défendre votre sol. Parce que les gens sont même amusant des troupes étrangères; les troupes étrangères ne peuvent pas venir chez vous, alors que vous pouvez vous défendre, et à ce titre vous allez avoir des problèmes avec eux. Et à ce titre vous allez un peu perdre de votre souveraineté, un peu de votre liberté, de votre dignité, c’est cela que nous ne voulions pas.

 

Il s’est trouvé effectivement que nous nous trompions aussi sur les capacités de nos forces de défense, nous sommes des civils on nous a toujours dit que nous avons une armée puissante. Effectivement, par le passé, cette armée a montré qu’elle était puissante, et qu’on ne savait pas qu’elle était décomposée à ce point là. Pendant ces dix dernières années, vous avez vu l’accord d’Alger du 4 juillet 2006, ces accords ont enlevé toute souveraineté du Mali dans les régions du nord et le gouvernement d’abord en a profité pour dégarnir toutes les garnisons qui étaient dans le nord. Elles ont été vidées au profit des rébellions, même les narcotrafiquants se sont installés. Donc nous nous sommes rendus compte, après janvier 2012 et janvier 2013, que notre armée a été décomposée par les politiciens depuis au moins 10 ans, elle n’a aucun moyen pour résister. Vous saviez quand une armée est désorganisée comme ça, c’est les dirigeants politiques qui sont responsables, ce n’est pas les généraux, ni les colonels. C’est l’homme politique qui est le fautif. C’est pour cela que nous avons parlé de haute trahison, parce que le responsable politique n’a pas compris qu’il n’avait pas d’armée. C’est par sa propre faute donc aujourd’hui que nous nous trouvions dans une situation où nous devons être intelligent, nous devons avoir une stratégie de défense de notre pays.

 

Le 14 juin dernier le Rds a fait une conférence de presse où il a exposé toutes nos possibilités, tout ce que nous devions faire. Effectivement dans la stratégie que nous avons prévu en plusieurs étages, précisément en trois étages, on est d’accord avec une coopération militaire avec la France. Nous l’avons souhaité, parce que de tous les gens qui vont intervenir dans ce pays que ce soit l’Onu, la Cedeao, l’Union Européenne, etc, c’est la France qui connaît ce pays mieux que les autres. Donc en tant que partenaire, opérer sur notre sol, notre meilleur partenaire serait la France.

 

Nous avons vu qu’un autre pays est capable : le Tchad a intervenu heureusement sur ce sol là. C’est un sol qui ressemble au sien. Et aussi Idriss Deby est décidé à faire le travail militaire pour lequel il est venu. Les autres sont cantonnés dans les villes, dans les casernes. Pour des raisons stratégiques, nous avons pensé que la France a un rôle à jouer. Mais nous restons vigilants, parce que nous n’acceptons pas non plus qu’une armée étrangère puisque imposer quoi que ça soit. Il n’est pas là pour arrêter les maliens, ils sont là pour combattre ceux qui nous combattent. Même le Mnla, ils n’ont pas le droit d’arrêter les gens du Mnla. C’est à nous de les arrêter.

 

Il y a aussi le fait que certains militaires agissent souvent dans l’étape, ils n’attendent pas que les politiques viennent leur dire ces choses. Dans une armée normale, quand une unité est en opération elle est le seul chef sur le terrain; il ne faut pas lui donner des ordres, on peut la sanctionner. C’est le chef d’opération qui sait ce qu’on fait et ce qu’on ne fait pas. Quand on vous a envoyé à une mission, vous devez faire cette mission avec le plein aboutissement, mais si on est toujours là pour vous dire allez à droite, allez à gauche, vous n’êtes plus un soldat.

 

Donc je pense que nous n’avons aucune hostilité par rapport à la présence militaire de la France. Mais nous restons vigilants à ce que nos intérêts fondamentaux ne soient pas touchés. Que notre pays ne retombe pas dans une dépendance sous prétexte qu’on a peur des djihadistes et de la charia, etc…. Le problème malien n’est pas la charia, mais le vrai problème c’est l’intégrité territoriale. Pour l’intégrité territoriale on se battra jusqu’à l’ultime sacrifice. Le Mali, de Tessalit à Sikasso et d’Ansongo à Kayes, c’est ça que nous voulons.

 

            Nouvel Horizon : Quel est votre mot de la fin ?

            Pr Younous Hamèye Dicko : En ce qui nous concerne au Rds nous sommes optimistes, nous avons élu un Président de la République, on n’avait des raisons de le faire. Nous au Rds, on exige à ce que le Président remplisse son contrat envers la nation, et nous mettrons tout en œuvre pour l’aider. Je suis confiant, parce que le Président de la République est un homme de parole, un patriote, il le fera. Nous devons, quelque soit notre tendance politique, garder à l’esprit que le Gouvernement et la majorité ne sont pas les seuls concernés. Le combat qui est mené demande à chaque malien, à chaque malienne de s’ajouter aux autres pour obtenir de bons résultats.

 

Je lance un appel à mes frères de Kidal, du Mnla pour qu’ils nous rejoignent pour construire une vraie nation, qu’on arrête les armes pour s’engager dans le débat démocratique pour obtenir tout ce que nous demandons. Je suis de la région comme eux, je connais la région comme eux. Je connais les besoins de la région. je connais ce qui est dans leur tête et dans leur coeur. S’il y a un d’entr’eux là-bas et qui pense qu’il est un bon président pour réaliser le rêve des maliens qu’il se présente, on va voter pour lui. Donc, c’est vraiment sur une note optimiste que je termine. Je n’ai jamais perdu confiance dans l’avenir du Mali. Aujourd’hui, je crois honnêtement que nous devons faire front commun autour d’IBK, qui est l’homme de la situation quelque soit les critiques qu’on peut mener, et moi je critique et moi je crois que la majorité doit se critiquer.

La majorité doit se réserver à un cadre d’expression pour apporter des contributions à ces choses là. C’est la critique qui permet de trouver des solutions. Donc je crois que même l’opposition peut parfaitement critiquer, elle n’est pas obligée d’apporter des solutions, mais c’est à la majorité d’écouter l’opposition et de tirer les conséquences. Ça ne vaut pas la peine d’agonir l’opposition pour ça.

 

Propos recueillis par Mamoutou DIALLO

 

 

 

 

 

 

 

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11 COMMENTAIRES

  1. Merci Professeur Y.H.D. Si vous êtes à la tête de RDS c’est par la voix et la voie des urnes. Donc on saurait parler de complaisance ou de népotisme concernant votre rapport actuel avec le pouvoir d’IBK. Seulement l’opposition malienne ne sait pas jouer son rôle d’opposant: elle confond “opposition” et “contestation”. Tout ce qui vient de la mouvance comme idée doit être combattu systématiquement sans autre forme de procès. Sinon tous les propos que vous tenez dans cette interview vont bien dans le sens de de construction nationale et de la consolidation de la démocratie. Ils seraient la bienvenue si cela venait de la bouche d’un opposant. C’est ça qui prouve à suffisance qu’être opposant au Mali, c’est d’avoir un bâton d’aveugle (fouyéntobré)pour taper sur tout ce qui vient de l’autre camp. Telle est notre triste conception de la Démocratie…. 😥

  2. Ô Professeur la priorité doit être la lutte contre la corruption même si 90% sont corrompus.c’est par la justice que les cieux et la terre sont maintenus.la corruption et la débauche sont source de révoltes,traitrise,maladies…salam

  3. Maliweb depuis quand exercez vous la censure ? Depuis ce matin j’en suis victime alors dites le si on ne peut plus s’exprimer nous vous ferons fermer

  4. Ne soyez pas étonné d’apprendre que le RDS a eu un strapontin, comme Mara, Tall et Poulo. Quand le peuple rejette un politicien, il y a tjrs un jeu politicien consistant à les repêcher. Ils ont le culot de venir parler au nom de ce peuple qui vient de les repousser hors de sa vue. Minable et honteux de la part de la classe politique malienne.

  5. C’est parce que les circonstances étaient difficiles que les maliens ont misé sur lui. Y H Dicko doit reconnaitre que la tache était trop dure pour IBK: a dèsèra, donc a ka yoro bla! Faut pas tergiverser.

  6. Mais le ridicule ne tue pas dans ce pays là avec des hommes politiques comme Hounous Hamèye Dicko à la tête de l’une des dernières formations politiques du Mali qui, au fort moment de la crise, s’opposait avec ses amis de circonstance au sein de la COPAM à toute intervention militaire étrangère sur le sol malien. Il a approuve aujourd’hui la présence des forces françaises au Mali. Ce monsieur est-il amnésique? Ou pense-t-il que les maliens sont fous? Mais sa réaction se comprend. Dicko est à la recherche d’un strapontin. Absent de la scène de l’administration après son passage chaotique au département de l’éducation, il veut se faire de la santé en faisant l’avocat du diable. Donc IBK ayez pitié de cet homme politique au bout du souffle.

  7. malien,je suis tout à fait d’accord avec toi ce monsieur est un vautour qui essaye de marquer des points en vue de l’entrée de son parti dans un éventuel nouveau gouvernement

  8. Ce monsieur a tout eu et a tout fait au Mali, il s’accrochea à tous les pouvoirs et fait tout pour rester dans le rouage du pouvoir,cette sortie est une façon de courtiser le pourvoir

  9. Ce monsieur a tout eu et tout fait au Mali, il s’accrochea tous les pouvoirs et fait tout pour rester dans rouage du pouvoir, une façon de courtiser le pourvoir

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