Discours presqu’imaginaire d’IBK sur ses mille jours : «Je suis le plus brillant président de ce pays depuis 55 ans»

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Au seuil de mon millième jour à la tête de cette nation, permettez-moi de faire une rétrospective éloquente de mon règne. Je suis certain que vous daignerez comprendre combien cette rude tâche peut faire dévier les plus intègres hommes de la planète.

Ibrahim Boubacar Keïta, président de la République malienne
Ibrahim Boubacar Keïta.  REUTERS/Louafi Larbi

Maliennes et Maliens, au lendemain de mon intronisation comme vous le saviez, j’ai trouvé votre cher Mali dans un marasme socio-économique et sécuritaire qui ferait réfléchir plus d’une fois toute bonne volonté.

Par des élections bâclées et partielles (Kidal étant épargné), vous avez convenu de la précarité de mon choix. Je tiens, avant de continuer ici, à remercier la France pour son soutien et son entêtement à faire de moi l’homme des situations ambiguës et téméraires.

Chers concitoyens, à mon arrivée à Koulouba, il fallait commencer par une purge, un nettoyage des plus nécessaires… C’est ainsi que je me suis mis en tête de détrôner le Sultan comme dans la chanson, car le bruyant capitaine Sanogo faisait figure de véritable imposteur, lui et sa junte.

J’ai eu cette chance de le voir soudoyé par mon prédécesseur intérimaire qui a eu la bonne intuition de l’élever au grade de général, dû à sa terrible cupidité.

Chers compatriotes, dans un bateau, il ne peut y avoir deux capitaines

Dès que le problème fut réglé, j’ai donc pensé à mieux asseoir mes assises en offrant à mes proches les postes clés du pays, traduisant en cela la leçon acquise depuis ma tendre jeunesse, à savoir : «charité bien ordonnée commence par soi-même».

Vous vous rappelez toutes les larmes de crocodile que j’ai versées lors de la mort sur notre sol du premier soldat français de Serval. Certains m’ont accusé de cœur tendre, mais c’était la première prière pour solidifier ma position auprès de la France et la communauté internationale.

J’ai alors entrepris une tournée dans certains pays alliés et j’ai pu constater l’opulence dans laquelle vivaient mes pairs. C’est ainsi que j’ai délibérément osé débloquer quelques fonds sous ma gestion pour m’acquérir un avion présidentiel comme tout le monde. L’ère de voyager par pirogue et à dos de mulet est révolue et j’ai aussi droit à l’honneur de descendre des escaliers du Jet avec un sourire imposant.

Chers compatriotes, j’ai délibérément empiété sur les négociations entre nous et cette racaille de nomades qui méritent que de mourir ensevelis dans leur Azaouad grillés par le soleil ardent et enfouis sous un hiver torride. Je vous promets donc que mon successeur (peut-être mon fils) saura achever l’œuvre pour l’unité du pays.

Comme vous le savez, ventre creux n’a point d’oreilles, je compte sur votre crédulité pour m’aider à m’enrichir durant cette période et je prierai pour votre compréhension. Je sais que le peuple du Mali est un peuple sage, qui applaudit et qui chante comme les troubadours les louanges de ses maîtres que j’ai l’honneur de représenter ici.

La politique étant de l’hypocrisie, j’ai été le premier à répondre à la marche de Charlie Hebdo en solidarité avec ceux qui ont profané et souillé mon Prophète, mais au Mali, la foi vient en troisième position dans notre devise. Je sais que j’aurais dû faire de même au Nigéria, en Tunisie, et même chez nous au nord !

Maliennes et Maliens, ne vous laissez pas endoctriner par une poignée d’ennemis de la République qui tentent de me déstabiliser en rapportant mes moindres faits et gestes.

Je vous conjure de rester passifs, car je vous offre la continuité de vos coutumes en mettant à votre disposition des bars partout, des nanas et des fêtes dominicales pour vous faire oublier le malaise de ma très mauvaise gouvernance, mais que faire d’autre ! Je suis le plus brillant président que ce pays ait connu depuis 55 ANS. Et le second KEITA sur le podium de nos ancêtres glorieux !

Vive le Mali, vive moi, le reste, débrouillez-vous ! Votre fidèle autoritaire chef.

Mohamed Lamine MOHAMED

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3 COMMENTAIRES

  1. Le miel ne ce dit pas doux un président qui dit qu il y à 3 villes du Mali qu il’aime le plus à savoir la ville de koutiala en 1 er kita 2 ème et San en 3 ème position San en 3 ème pour moi par se que ce jour là il était à San

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