Déclaration de politique générale du PM : Adoptée, mais…

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Le Premier ministre à l’Assemblée nationale : La déclaration de politique générale dans ses grandes lignes
Le Premier ministre MODIBO KEITA à l’Assemblée nationale

La semaine dernière, le Premier ministre a réussi son grand oral devant la représentation nationale. Sa Déclaration de politique générale (Dpg), qui engage le gouvernement, a été adoptée par l’écrasante majorité des députés affidés au président de la République dont le parti, le Rpm, détient la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Mais, si Modibo Kéïta a été «chouchouté» par les députés de la majorité présidentielle, il n’a pas pu se soustraire à certaines questions des autres parlementaires, notamment ceux de l’opposition qui n’entendaient pas le laisser se tirer à si bon compte. Des questions particulièrement embarrassantes relatives aux dépenses publiques, à la gouvernance, à la spéculation foncière, à l’insécurité. Le chef du gouvernement semblait s’être bien préparé à répondre à ce sévère réquisitoire.

Des allusions ayant été faites à l’achat d’un avion de commandement et de véhicules de luxe pour le président de la République, Modibo Kéïta prétend que ce sont là des dépenses utiles, comme si le Mali, en ces périodes de crise récurrentes et d’absence de solution, avait besoin d’un second aéronef présidentiel, même si l’actuel président de la République est particulièrement porté sur des voyages dont la plupart se révèlent infructueux. Sachant que la Maison des hôtes était particulièrement visée par ses inquisiteurs, le Premier ministre s’est défendu : «Ce chantier doit se poursuivre et aboutir rapidement». La raison en est que le Mali doit être prêt à accueillir le prochain sommet Afrique-France. Or, depuis mars 2012, ce pays ne peut et ne veut plus se passer de la communauté internationale, laquelle pourtant ne parvient toujours pas le sortir de la grave crise multidimensionnelle qu’il traverse depuis plus de trois ans.

Le problème foncier s’est également invité au débat, à un moment où le ministre en charge de l’Urbanisme, l’avocat Bathily, est en train de prendre, avec grands effets de manches, des mesures contre certains prédateurs fonciers. Mais, l’annulation de ces titres fonciers ne saurait occulter les vrais problèmes liés au foncier : la spéculation initiée ou entretenue par des élus, l’accaparement des terres cultivables par l’Etat qui conduit à la clochardisation des paysans, le bradage de terres aménagées à de grandes multinationales ou à des pays ou organismes étrangers. Le Premier ministre n’a pas éludé la question, mais tout en reconnaissant que le Mali «connaît une spéculation sans précédent» due à la rapacité de certains responsables politiques et administratifs, renvoie la balle aux élus.

Il n’a pas non plus nié le phénomène de l’insécurité qui grandit depuis que son mentor a été élu en 2013. Par là, il ne s’agit pas seulement de ce qui se passe dans les grandes villes du Sud en proie aux cambriolages, aux vols à main armée, aux braquages, aux agressions diverses au quotidien. Il s’agit aussi de ce qui se passe dans le Nord et le Centre du pays où les rebelles terroristes continuent de sévir. Mais contre ça, le gouvernement ne peut rien. Modibo Kéïta a avoué son impuissance quand il a parlé de complexité du problème. Pour ça aussi, il compte sur la communauté internationale. Or, ce n’est pas celle-ci que le peuple malien a élue, mais IBK, sur la base de promesses de résoudre la question du Nord et tous les problèmes d’insécurité. Il a échoué, cet IBK. Cet énième Premier ministre fera-t-il son affaire ?

Abdel HAMY

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