Comment IBK peut redresser et rentabiliser la fonction de ministre par ces 4 mesures… ?

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Depuis la fin brutale du pouvoir du premier président du Mali, Modibo Keita, ( 19 nov.1968), la fonction de ministre, jadis un foyer de producteurs, est devenue un nid de magouilleurs. L’Etat s’est affaissé et le désordre s’est renforcé. Le grand défi de IBK, comment relever notre Mali agenouillé ?

 

 

IBK devant la presse au lendemain de la confirmation de son élection
IBK devant la presse au lendemain de la confirmation de son élection

« La force d’un pays réside dans sa force morale. Dès l’instant que la morale d’un pays est entamée, ce pays s’engage dans la voie de la dégradation. » Modibo Keita, Président de la république.

 

 

Culturellement, les maliens et maliennes ont connu trois grandes périodes.

 Au temps du régime de Modibo Keita, les maliens avaient honte de voler le bien public et d’abuser de tout  matériel appartenant à l’Etat.

 

 

Pendant les 22 années  et 4 mois du pouvoir militaire du général Moussa Traoré, les maliens qui n’avaient plus honte de voler, se sont lancés dans le détournement du dénier public ayant au moins peur d’être arrêtés et punis.

 

 

Dans la période de la démocratie multipartiste marquée par les pouvoirs des présidents  Alpha Oumar Konaré(1992 – 2002) et  Amadou Toumani Touré(2002 – 2012), les maliens n’ont eu ni honte ni peur à pratiquer leur sport favori : la corruption et la concussion totalement encouragées par les grands arbitres Alpha et ATT qui ont avalé successivement leur sifflet sur le terrain de l’impunité.

C’est à l’époque de ces deux présidents de la république que des fonctionnaires maliens sont devenus des milliardaires en suçant le sang du Mali sans être inquiétés. Ainsi, ces dirigeants ont instauré dans notre culture cette mentalité dominante : « Maudit est celui qui, bien placé, refuge de voler dans la caisse publique »

 

 

Quelles sont donc la définition et le rôle d’un président de la république et d’un ministre du gouvernement ?

Tout le long de cette même époque du multipartisme, Ibrahim Boubacar Keita, IBK, fut dans le court rang des rares responsables politico-administratifs qui ont pu résister à la tentation de la corruption et de la concussion. Des maux propagés dans l’Administration publique par le truchement des premiers responsables de l’exécutif que sont les ministres choisis, pour la plupart, par favoritisme et népotisme. Ces ministres qui ne se sont pas gênés à appliquer la moralité grippée de leurs grands chefs : les

 

 

Présidents Moussa, Alpha et ATT.

Pour une bonne et large compréhension de ces termes, président et ministre, il serait mieux ici de contourner leurs sens étymologiques et donner des explications métaphoriques. Dans ce cas, considérons le Mali comme une immense maison compartimentée en huit appartements sur un long et large terrain national viabilisé. Cette maison à usage d’habitation et d’exploitation doit être perpétuellement améliorée et agrandie par des travaux de construction et de rénovation.  Ainsi, des millions d’hommes et de femmes natifs de cette maison-nation confient la construction, la rénovation, la gestion et l’Administration de leur cadre de vie à un Entrepreneur(Président de la République). Cet entrepreneur-Président, à son tour, se fera facultativement épauler par un Maitre-tâcheron ( Premier ministre) pour choisir ensemble des Tacherons (Ministres) qui seront entourés de Maitres-maçons ( Cadres supérieurs), de maçons (Employés qualifiés) et aussi de manœuvres (travailleurs réguliers et contractuels).

 

 

A préciser qu’aucun diplôme universitaire n’est exigé pour exercer les fonctions d’Entrepreneur-Président, de Maitre-tâcheron, 1er ministre et de Tâcheron, ministre. Mais dommage, beaucoup de maliens continuent à croire que seuls les détenteurs d’un tel diplôme(de toubaboula) doivent occuper de telles fonctions. Grosse erreur d’appréciation. En Afrique tout comme en Occident, la première et importante condition d’accession à ces fonctions, est et reste la confiance populaire et celle présidentielle.

 

 

Comme exemple, le premier président  Modibo Keita, instituteur de formation a été, au sens propre et figuré du terme, un grand bâtisseur de la nation malienne. Ce père de la souveraineté malienne et ses ministres ont, par vrai patriotisme, créé une cinquantaine de Sociétés et Entreprises d’Etat pour assurer le progrès socioéconomique de leur pays. Pourtant, plusieurs de ces ministres n’avaient pas obtenus de diplômes universitaires des pays occidentaux. Hélas, une quarantaine d’année après, la presque totalité de ces acquis économiques a été liquidée ou privatisée à cause de la mauvaise gouvernance des successeurs de Modibo Keita. Quelques jours seulement après le coup d’état contre Modibo, il fut l’objet de ces commentaires :

 

 

« Le journal, Jeune Afrique a titré « Coup de Bamako » et écrit « … Le  prestige moral qu’il a apporté à son pays est considérable…Avec Modibo Keita à la tête du pays, aucun compromis n’était possible en ce qui concernait la souveraineté : Seul entrait en ligne de compte l’intérêt du Mali… En tous cas, quoi qu’il arrive à présent, Modibo Keita restera aux yeux de la génération d’Africains dont nous sommes ce qu’il a été : Un homme politique incorruptible. »

 

 

« Le grand quotidien français, Le Monde, du 21 novembre 1968, le présente comme un militant intègre et écrit entre autre :

 

 

« Son autorité n’avait jusqu’alors été mise en question en raison à la fois de son intégrité personnelle et de son ancienneté dans le combat nationaliste… Neutraliste, prompt à dénoncer les ingérences étrangères en Afrique, il impose le respect et contribue à doter d’un certain prestige ce pays pauvre que reste le Mali »

 

Le surprenant renversement et le déprimant emprisonnement du président Modibo et ses proches collaborateurs par des militaires dont la moralité est douteuse, ont occasionné l’affaiblissement de la force morale des maliens. Cette force qui leur permettait de réfuter toute envie d’enrichissement illicite.

 

Comment IBK peut redresser et rentabiliser la fonction du ministre par ces 4 mesures ?

 

Un adage malien très significatif dit que « Kami bè a nyè mogo dé ton flè » qui veut dire littéralement «  le dindon regarde la nuque de son devancier pour aller dans la même direction que lui ». A l’analyse des cas de l’Entrepreneur- président Modibo Keita et de ses trois successeurs, Moussa, Alpha et ATT, on comprendra aisément que les Tâcherons-ministre n’ont fait que suivre la moralité bonne ou mauvaise de leurs grands chefs en menant des actions constructrices ou destructrices de la grande Maison Mali.

 

 

 

Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil Islamique et IBK, ancien premier ministre, dans l’exercice de leur responsabilité, ont montré aux maliens, la preuve de leur fermeté dans l’honnêteté.

 

Cette preuve est source de leur popularité. D’où leur capacité de remplir d’honnêtes gens un stade de 50.000 places sans difficulté.

 

 

Dès après son investiture demain mercredi 4 septembre 2013, le nouveau président, IBK, farouchement opposé à la corruption, la concussion et l’injustice, devrait effectuer un travail vigoureux et rigoureux pour la reconversion positive des mentalités souillées. Une telle difficile reconversion devrait commencer par le bon choix des chevilles ouvrières de l’Etat que sont les ministres en leur imposant des mesures draconiennes de fonctionnement :

 

 

La probité

Servir le pays sans se servir du pays. Comprendre et admettre que le bien public est sacré. Le protéger et le développer est un devoir citoyen. Il s’agit de l’honnêteté et de la loyauté dans la mise en application de la politique générale de développement du gouvernement. Quelque soit la nature d’un projet, sans la probité, il n’y aura pas de prospérité. La probité doit être imposée par des contrôles inopinés. Sachant que tout détournement lui coûtera un emprisonnement de courte, moyenne ou longue durée, le ministre en exercice prendra toute précaution pour éviter sa perte de liberté. Ce serait un adieu à l’impunité. « malversation, tolérance zéro », a déjà averti IBK.

 

 

Ainsi, tout comme les nouvelles recrues craignent la dureté de la formation militaire, plusieurs sélectionnés vont éviter ou hésiter d’être ministre à cause des nouvelles exigences et restrictions de la fonction ministérielle.

 

L’assiduité

Dans un département ministériel, le ministre doit être à son bureau avant l’heure de début du travail et ne peut aucunement quitter, sauf raison exceptionnelle,  qu’après le moment réglementaire de fin de travail. C’est ainsi qu’il sera en mesure d’imposer à tous les employés le strict respect des heures de travail. Car, l’absentéisme et le laxisme dans l’Administration malienne constituent des freins au développement socioéconomique. De tels comportements dans le secteur public ou privé au Canada sont à jamais révolus. Le développement ne tombe pas du ciel mais de la sueur.

 

 

La productivité

Chaque ministre doit se soumettre à un devoir de rentabilité de son département. Car, il a été toujours prouvé en Afrique et plus particulièrement au Mali qu’un homme capable de rentabiliser un service privé ne fera que présenter un bilan déficitaire quand il se trouvera à la tête d’un service gouvernemental. Il faudrait que le 1/3 de son salaire de ministre soit transformé en prime de rendement dont la perception sera liée à la rentabilité du département. Car, un ministre ne doit pas s’installer pour s’enrichir illégalement mais plutôt améliorer les conditions de travail des employés du département et surtout servir de façon efficace et efficiente la clientèle. Tels seront les deux principaux baromètres de serviabilité et  d‘utilité d’un ministre au service d’un pays surtout en crise. Compte tenu de tous les avantages liés au poste ministériel, l’accessibilité rapide des populations aux services gouvernementaux doit être une réalité tangible. Qu’un document traitable en une journée ne traine pas pendant des semaines et celui faisable en une semaine ne s’étende plus sur des mois.

 

 

L’imputabilité

Il s’agit ici de l’implication entière de la responsabilité du ministre dans tout problème de fonctionnement nuisible à la rentabilité de son ministère. C’est-à-dire qu’un ministre ne peut décliner sa responsabilité dans le retard ou le refus d’exécution d’un travail et surtout dans le détournement des biens ou des fonds financiers du ministère. Planton ou patron auteur de la malversation, le ministre est imputable.

 

La mise en application de ces quatre conditions de sélection protégera le bien public et renforcera le grand lien de confiance entre IBK et son peuple qui l’a historiquement et honorablement élu le 11 août 2013. Dans ce cas, IBK, aura fait une grande innovation par l’instauration d’un gouvernement de serviabilité pour les populations différent d’un gouvernement de servilité complice d’un président de la république que le Mali a subi pendant une quarantaine d’années. Alors, il incombera à chaque ministre de s’assumer pour éviter le vol des centaines de milliards(voire les rapports annuels du Vérificateur Général) dont le pays a besoin pour aider le secteur sanitaire, socioculturel, agro-alimentaire ou scolaire.

 

 

Expression d’une révolution

L’homme, Ibrahim Boubacar Keita était, certes, très limité dans ses prises de décision étant ministre et premier ministre, mais en sa qualité de Président de la République, il a le plein pouvoir de faire la refondation d’un système gouvernemental, à la fois rouillé et souillé. Des innovations pour améliorer les conditions de vie des populations désemparées qui ont fait une vraie révolution tranquille en le choisissant. Réputé intègre, IBK est un homme plein de patience, de compétences,  d’expériences et surtout de grande sévérité sans méchanceté qui saura assumer son devoir de ne pas décevoir les espoirs populaires.

Lacine Diawara, Option   

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3 COMMENTAIRES

  1. Eh, Diawara-Griot! Fais un peu attention à ce que tu écris:
    ” marquée par les pouvoirs des présidents Alpha Oumar Konaré(1992 – 2002)Amadou Toumani Touré(2002 – 2012), les maliens n’ont eu ni honte ni peur à pratiquer leur sport favori : la corruption et la concussion totalement encouragées par les grands arbitres Alpha et ATT

    😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀

    As-tu oublié qu’IBK était le PREMIER MINISTRE D’AOK, et le parrain d’une des filles d’ATT? 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀

    “le nouveau président, IBK, farouchement opposé à la corruption”
    Arrête! Tu vas en amener beaucoup à s’interroger sur la solide fortune personnelle d’IBK! 😀 😀 😀

    En voulant lui cirer les babouches, tu rappelles à tout le monde qui il était et d’où il vient! 😀 😀 😀 😀 😀

    “Ce serait un adieu à l’impunité. « malversation, tolérance zéro », a déjà averti IBK”
    Sanogo nous a déjà annoncé ça au moment même où il pillait les douanes! 😀 😀 😀 😀 😀

    • NFP c’est pour qu’on ça avance pas moi je pense que la meilleure manière de rendre service à IBK et de lui faire un bilan de ses 20 dernières années car en dehors d’alpha et ATT qui ont été présidents aucun maliens n’a fait mieux qu’IBK en terme de haut poste, je peux admette que l’homme IBK a changé mais nous faire croire du moins essayer de nous faire croire que c’est l’homme de la situation me fait rire et moi ce qui m’a frappé au moment où IBK était PM était son sens demeuré du luxe et ce n’est certainement pas en vivant comme un roi qu’on pourra imposer la rigueur aux autres.

  2. Lacine Diawara tu as peut être hiberner de 1968 à 2013 !!!, c’est particulièrement à causes de fausses informations comme les vôtres que le Mali n’est pas prêt de sortir des abysses, en, effet l’un des premiers responsables de ce qui a précipité le Mali dans le KO est ton même IBK que tu essaies de présenter comme un homme neuf depuis 1992 IBK n’a jamais été loin du pouvoir avec comme point d’orgue 6 ans à la primature et je signale que c’est sous IBK que des fonctionnaires millionnaires voir milliardaires ont explosés, un vrai travail constructif est de me faire un bilan des 6 ans d’IBK premier ministre, vous avez tellement intoxiqué l’opinion publique que même ici en France beaucoup ont tendance à croire qu’IBK est un homme neuf ce qui totalement faux IBK est un pur produit du système et si c’était un vrai justicier entre 1994 et 2000 il aurait mis sous écrou beaucoup de ceux qu’on appelait à l’époque les barons de l’ADEMA. Donnez juste un exemple acte anti-corruption neserait-ce que symbolique qu’IBK a posé entre 1994 et 2000 à moins que cette corruption n’ait commencé qu’après 2000 !!!.
    Ce qui m’attriste ce qu’au Mali c’est un système binaire on est ange ou demon, ce qui n’est jamais le cas dans la vraie vie, qu’ibk assume d’abord sa lourde part de responsabilité dans tout ce qui s’est passé depuis 1992 et qu’on parte sur de nouvelles bases mais essayer de nous faire croire que c’est un homme neuf sans passif annonce d’avance l’échec.

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