Mise en œuvre de l’accord d’Alger : La France est toujours à la manœuvre contre l’Etat du Mali

1
Nord du Mali: la médiation s’active pour faire parapher l’accord de paix
Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères, à Alger pour la négociation de l’accord de paix, le 16 juillet 2015. AFP PHOTO/FAROUK BATICHE

Il y a une année jour pour jour que  le Président IBK a effectué une visite privée en France, au cours de laquelle visite il a rencontré son ami et frère François Hollande qui n’avait pas encore pris la décision de ne pas briguer un second mandat. A leur sortie d’audience, François Hollande a déclaré à la presse qu’il va aider dans les meilleurs délais l’administration malienne à aller au nord. Cette nouvelle a surpris plus d’un malien, car les populations voyaient à travers cette déclaration, non seulement le retour de l’administration dans toutes  les parties  du nord, mais aussi le redéploiement des FAMAS et la fin du calvaire des populations du nord. Mais jusqu’à son renoncement au second mandat et son départ de l’Elysée, cette promesse n’a jamais été tenue. C’était vraisemblablement, une fausse promesse. Les Gouverneurs nommés pour les régions du nord   ne gèrent que du vent à Kidal, Ménaka et Taoudéni, alors que l’installation des Autorités Intérimaires avait été ventée comme étant  la seule opportunité pour  réinstaller l’autorité de l’Etat dans les zones qui échappent encore à son contrôle.  Macron, le tout nouveau président venu dans ce contexte, lors de sa visite aux soldats français à Gao le 14 mai 2017, avait promis, qu’il ne laissera pas le Mali aux mains des djihadistes. Du 14 mai à ce jour, plus de 20 éléments des FAMAS et des forces internationales ont été tués par les dits djihadistes. Rien à faire, cette promesse du jeune Président n’est pas encore visible sur le terrain. Les éléments des FAMAS et les populations continuent à payer le prix fort  des attaques  islamistes. Le Mercredi 29 juin vers 18h 20 entre Tombouctou et Goundam 4 militaires ont été tués et 5 blessés. Auparavant le 9 juin le camp de la MINUSMA a été visé par des obus de différentes calibres, quatre casques bleus guinéens ont été tués. Encore plus de 400 terroristes restent toujours actifs au nord et au centre du Mali encore en ce mois de juin 2017. Même la capitale Bamako n’a pas échappé, tout récemment le bilan de l’attaque terroriste contre le campement Kangaba a été de 9 tués, y compris  les 4 terroristes et on dénombre  42  blessées. En début juillet 2017, une autre embuscade tendue par les djihadistes a fait plus de 8 morts parmi les FAMAS entre Ménaka et Ansongo.

Pour la mise en place du G5 Sahel Macron s’est engagé à appuyer  l’initiative, à travers  le développement socio-économique du Sahel pour un coût de 200 millions sur financement français à travers l’Agence Française de Développement (AFD) plutôt  que l’accompagnement militaire. Nous savons que le budget de l’armée française est en baisse de 850 millions d’euros et cela a entrainé un désaccord entre le Chef d’Etat-Major Général  des armées françaises le Général Pierre de Villier et le président Macron. Ce désaccord s’est terminé par la  démission du premier.

L’Ambassadrice de France au Mali ne rate aucune occasion pour raconter des ragots au peuple malien. Le samedi 27 mai 2017, lors d’une rencontre avec la presse malienne, elle a dit ‘’qu’il n’y a aucune volonté de l’armée française d’empêcher l’Armée Malienne de rentrer à Kidal’’. Selon elle toujours, ‘’ce n’est pas l’Accord de coopération militaire entre le Mali et la France qui empêche les FAMAS de rentrer à Kidal’’. Elle pense au contraire que ‘’c’est l’armée française qui accompagne les FAMAS dans son redéploiement’’. Ces déclarations sont en contradictions avec celle de François Hollande qui a fait savoir au Président Dioncounda Traoré pendant la transition qu’il ne laissera pas l’Etat malien récupérer  Kidal par les armes. Entre les deux déclarations où est donc la vérité ?

Dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord d’Alger imposé au peuple malien avec la complicité du Président IBK, aussi bien les maliens, que la Communauté Internationale, savent que ledit accord est très déséquilibré.Il a mis sur le même pied d’égalité l’Etat central et les quelques chefs rebelles lors des négociations d’Alger. Toute chose qui amène des blocages dans sa mise en œuvre. Aussi bien les populations maliennes que les rebelles de la CMA, pensent que l’accord a été imposé à tous, c’est la raison qui fait que les lignes  ne bougent pas du tout du côté des rebelles.

Le Comité de Suivi de l’Accord et la France savent que le blocage vient du côté des rebelles. La France au lieu de taper du poing sur la table, à travers son ambassadrice au Mali, adresse plutôt une mise en garde contre les responsables des violations répétées de l’Accord. Ceux qui violent la mise en œuvre de l’Accord sont connus, ils sont logés, nourris  aux frais de l’Etat, depuis des années. Ils font un pas en avant et deux pas en arrière dans le processus de mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la réconciliation.

La France joue un double jeu dans cette crise malienne et nos dirigeants font semblant de ne pas comprendre cela. Le temps est en faveur de la France qui continue d’exploiter nos ressources minières au nord. Il en sera ainsi jusqu’au jour où le peuple se révoltera pour mettre fin à ce double jeu.

Badou S KOBA

Commentaires via Facebook :

1 commentaire

  1. Ah ni o de do, aou te aou djija aou ka Macron la barra wallassa a daga ka bo aoun be dala, aoun be ka lafia. Franci ka ou ko ko ni be a ke, al hamdoullilahi 😊

Comments are closed.