Ménaka : Des fractions et villages ne se reconnaissent pas le découpage territorial

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Les communautés de 22 fractions et sept villages dans le cercle de Ménaka sont frustrées par le manque de concertation avant la création des nouvelles communes par le conseil des ministres du 28 février. Ils voulaient constituer deux collectivités à part, mais ils font désormais partie de la Commune urbaine de Ménaka.

C’est le mécontentement et la frustration dans 22 fractions et sept villages dans le cercle de Ménaka après l’annonce par le conseil des ministres de la création des collectivités territoriales du nouveau cercle de Ménaka, le 28 février 2018.

Après des protestations sur place, les leaders des communautés “lésées” par ce découpage séjournent à Bamako où ils ont rencontré le ministère des Collectivités territoriales, de l’Administration territoriale, la Commission de l’administration territoriale de l’Assemblée nationale, le chef de cabinet du Premier ministre, etc. pour demander la prise en compte de leur doléance.

Face à la presse le dimanche, la délégation a dénoncé une décision unilatérale dans laquelle leurs communautés ne se reconnaissent pas.

“Nous avons organisé des concertations et des sensibilisations de nos communautés avant même la décision portant découpage. A la publication de cette décision, le préfet du cercle a convié une réunion d’information et de concertation au sujet du découpage à l’échelle du cercle de Ménaka, le 6 juillet 2017. Malheureusement, un incident est survenu qui a valu le report sine die de la rencontre. A notre grande surprise, un document annonçant la création des communes circule à Ménaka, alors que la rencontre ne s’est jamais tenue”, a regretté Intibikrene Ag Saloum, représentant de la communauté Ihorimitane.

Ne se reconnaissant pas dans ce découpage, les 22 fractions et sept villages ont adressé le 8 août une lettre de protestation et de proposition au ministre de la Décentralisation et de la Fiscalité locale, l’actuel ministre des Collectivités territoriales. Un avis favorable aurait été donné à leur démarche, selon Saloum.

“Avec un grand étonnement que nous constatons la non prise en compte de nos propositions dans le projet de loi adopté lors du conseil des ministres du 28 février 2018. D’où la frustration et le mécontentement des communautés lésées par ce découpage. Il s’en est  suivi une grande marche pacifique de protestation”, a-t-il ajouté.

L’une des principales raisons du refus des communautés est la distance de leurs villages et fractions du chef-lieu de la Commune. Le dernier village serait situé à 70 km de Ménaka.

Pour Boubaïna Mahmoud Baby, membre de l’Autorité intérimaire de Ménaka, cette situation met en mal la cohésion sociale au niveau du cercle de Ménaka. “Elle risque de mettre les communautés et leur administration dos à dos. On ne peut pas forcer une fraction ou un village à adhérer à une commune qui n’est pas son choix et qui ne se trouve pas dans la même zone géographique”, a-t-il souligné.

Proposition de communes

Les fractions et villages n’ont pas manqué de proposition aux autorités politiques et administratives dans leur démarche. Ils proposent ainsi la ville de Ménaka comme une commune à part entière. Pour leurs localités, deux propositions de communes sont faites. Il s’agit de la création de la Commune rurale d’Intoudoufte et celle d’Izgaret.

Ces fractions et villages sont situés à l’est du cercle de Ménaka. Ils représentent le 2/3 de leur cercle.

Maliki Diallo 

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