Rencontre avec le président l’assemblée permanente des chambres de métiers du Mali : « Plus de 1000 exposants sont attendus… », dixit Mamadou Minkoro

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Dans un entretien qu’il nous a accordé, le président de l’APCM, M. Mamadou Minkoro Traoré, passe au peigne fin son élection à la tête de cette organisation regroupant plus de cinq (5) millions d’adhérents, son élection à la tête du Conseil Africain des Artisans et surtout de l’organisation de la Foire International de l’artisanat, seconde édition après celle de 2017. L’homme dévoile les conditions de participations, les dispositions prises par le comité d’organisation composé de Commissions. Apolitique, M. Minkoro est l’unique représentant de l’APCM au Conseil Economique, Social et Culturel du Mali (CESC) et se bat pour que son organisation soit largement représentée comme c’est le cas de l’APCAM et de la CCIM. Entretien.

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Mamadou Minkoro Traoré :Je m’appelle Mamadou Minkoro Traoré, président de l’Assemblée Permanente des Chambres de Métiers du Mali (APCM).

Pouvez-vous vous présentez à nos lecteurs ?

Mamadou Minkoro Traoré : Je m’appelle Mamadou Minkoro Traoré, promoteur de l’entreprise Mamadou Minkoro Traoré (EMAMIT). Je suis menuisier, ébéniste par héritage parce mon grand-père et mon père étaient menuisiers. Je suis de la troisième génération, sinon, je suis Topographe de formation. Membre du Conseil Economique, Social et Culturel (CESC) du Mali.

Après l’Ecole Centrale pour l’Industrie et le Commerce (ECICA), j’ai déposé mon déposé mon diplôme dans beaucoup d‘endroits pour avoir du travail, sans succès. Je me rappelle à l’époque à l’IGM de France, j’ai été déconseillé de ne pas déposer mon diplôme, ils n’auront pas besoin de nous.

C’est ainsi que j’ai décidé de revenir à la source, c’est-à-dire au métier de mon père qui est la menuiserie que j’ai appris depuis el bas âge où j’accompagnais mon père partout où il partait pour travailler pour les travaux de charpente, de toiture, de table-bancs, souvent même de fabrication de meubles.

J’ai créé mon entreprise formelle en 1985. J’ai formé beaucoup de jeunes que j’ai libérés, soit plus de 900 qui travaillent à leur compte.

Le métier de menuisier et d’ébéniste est porteur qui fait vivre son homme.

Comment êtes-vous arrivé à la tête de l’APCM ?

Mamadou Minkoro Traoré : (un grand ouf de soulagement). Vous savez être à la tête de l’APCM, n’est pas une chose facile parce que c’est le système des grands électeurs. D’abord, à la Base, il y a les premières élections par branche d’activité ou catégories. Il y avait sept (07) branches : Bois et Ameublement qui comportait dix-sept (17) métiers ; c’est-à-dire tous ceux qui font du bois-rotin, ou matière première semblable au bois. Donc tous ceux qui travaillent dans ce métier votent pour quatre personnes maîtres-artisans et leurs employés votent pour un représentant. Donc par catégorie, il faut cinq représentants alors qu’il y a sept catégories (cinq par sept, cela fait trente et cinq (35) et chacune doit voter pour Ameublement-Bois, cuir-Textile, Métaux, Hygiène-Soins corporels, Art et divers, ainsi de suite. Toutes ces branches votent cinq (5) représentants. Donc, il fallait passer au premier filet qui est ta branche et les dix-sept métiers devraient faire confiance à cinq personnes et j’ai passé ce premier tour, dieu merci, la tête haute. C’est après ce tour que les cinq des branches se retrouvent, soit cinq fois sept, trente et cinq et dans la commune, il fallait prendre les organisations professionnelles les plus représentatives qui sont au moins dans tous quartiers, sinon dans trois quartiers, désignent cinq représentants plus trente et cinq, votent pour les représentants des métiers au niveau de la Commune. Après au niveau régional, ce sont les représentants des différentes communes qui élisent le bureau de la région. Ensuite au niveau national, toutes les régions, tous les cercles envoient leurs représentants votent pour élire le Président de l’APCM. Voilà comment je me suis retrouvé à la tête de l’APCM grâce à la confiance des cinq millions (5 000 000) d’artisans du Mali.

Depuis quand dirigez-vous l’APCM ?

Mamadou Minkoro Traoré : Je suis à la tête de l’APCM depuis 29 décembre 2007. Mais j’ai pris fonction en 2008. Les mandats sont terminés. Nous devons procéder à leur renouvellement mais le nouveau code de l’UEMOA remet tout en cause puisque les huit pays ont harmonisé les textes de telle sorte qu’il y avait les Chambres des Métiers au Mali, alors que dans les autres pays de l’UEMOA, le modèle est là. Donc, le Mali est revenu à ce texte. En clair, il fallait maintenir ces anciens qui connaissent les textes qu’ils doivent relire afin de se conformer au nouveau Code. Ce qui a été fait, dieu merci, ce Code est passé au niveau l’AN dont le décret a été approuvé par le Chef de l’état depuis le 03 juillet dernier. Maintenant, nous sommes fin prêts à aller aux élections en 2020.

Toutes les branches doivent se préparer à aller aux élections en 2020. Je profite de cette occasion pour demander aux artisans de lire les textes et de choisir des représentants qui pourront booster le secteur.

Seriez-vous candidat ?

M : Mamadou Minkoro Traoré : (Rires !) Au moment opportun, je me poncerai.

Est qu’au de-là du CESC, APCM, vous êtes président ailleurs?Mamadou Minkoro Traoré : Je suis le président du Conseil Africain de l’Artisanat. J’ai été élu à Bulawayo au Zimbabwe, j’ai été élu par mes frères africains, président du CAA. Cela n’a pas été facile puisque l’Afrique est divisée en quatre zones : Afrique de l’Ouest, de l’EST, du Nord et du Sud.

J’ai eu la confiance de mes pairs africains

Chaque zone vote son candidat. Les choses n’ont pas été faciles et je me suis retrouvé en compétition avec les représentants de trois zones où le vote a été très houleux et au finish, j’ai eu la confiance de mes pairs qui m’ont élu président du CAA. J’ai été membre également de la Chambre Consulaire régionale et président de certaines commissions et seul représentant des artisans au CESC. Ce n’est pas une revendication mais, l’APCAM est représentée par neuf (9) personnes, la CCIM par dix (10) personnes dont je suis el dixième. Aujourd’hui, nous les artisans avons notre groupe : Artisanat de profession, de Transformation et d’Art qui englobe cinq millions de personnes (5 000 000). Je crois que nos autorités doivent être équitables en toute honnêteté pour que nous ayons el même nombre que les autres certes, je viens de la production, des artisans de services tels que les mécaniciens, les réparateurs de radios-télévisions, des mécaniciens, l’artisanat d’art et les autres métiers de culture qui se distinguent par leur savoir-faire et leur créativité.

Je profite de l’occasion que vous m’offrez, pour dire que l’artisanat doit être mieux représenté au CESC que par une seule personne, avoir le même nombre que les autres regroupements.

On a jamais vu Minkoro dans le marigot politique. Est-ce que vous avez des ambitions ?

Mamadou Minkoro Traoré : très franchement, je n’ai pas aujourd’hui, aucune ambition politique. Je n’ai pas envie de me jeter dans certains marigots, surtout politiques. Je suis apolitique. Le futur appartient à dieu, je ne sais pas ce qui peut arriver après. Mais j’aimerais rester dans mon monde professionnel de l’artisanat.

Vous vous apprêtez à organiser le SIAMA. Qu’est-ce que c’est ?

Promesse tenue du Ministre de l’Artisanat et du Tourisme…

Mamadou Minkoro Traoré : Le SIAMA, c’est le Salon International de l’Artisanat du Mali. Il se déroulera du 07 au 21 novembre 2019. Nous serons à notre deuxième édition puisque la première sous la férule de notre Ministre Mme Nina WalettIntallou, a eue lieu en novembre 2017 organisée par notre département. Cette année, c’est le l’APCM qui l’organisera suite à la promesse de notre ministre, comme le SIAGRI organisé par l’APCAM et la FEBAK par la CCIM. Cette seconde édition est une promesse tenue par notre ministre qui la respectée en nous confiant l’organisation de la seconde édition de novembre prochain.

Croyez-vous à la réussite de cette édition dans la mesure où notre pays vit une crise sécuritaire et sociale très aigue ?

Nous sommes optimistes malgré quelques problèmes…

Mamadou Minkoro Traoré : Nous sommes très optimistes mais du côté des finances, nous avons des inquiétudes. Si ce n’est pas grâce à l’appui de vous hommes de médias au secteur de l’artisanat, nous n’avons pas les moyens de notre ambition puisqu’il fallait se lever tôt, communiquer afin que les artisans emboîtent le pas pour bien se préparer en créant et innover. Mais à la date d’aujourd’hui, cette communication n’a pas pu être faite parce que nous n’avons pas les moyens. Mais, mieux vaut tard que jamais puisque, nous sommes à presque deux mois de l’évènement, où devra se tenir du 07 au 21 novembre prochain la seconde édition du SIAMA au Parc des Expositions, à Kalaban-Coura, sur la route de l’aéroport.

Comment participe-t-on ?

Etre détenteur de la Carte professionnelle…

Mamadou Minkoro Traoré : Pour participer, il faut être artisan malien, africain européen ou de n’importe quel pays. Le règlement intérieur exige que ce soient des produits de l’artisanat maliens. Les conditions d’accès, c’est payer le stand. Il y a le stand ordinaire qui coûte 300 000FCFA la location ; mais lorsqu’un artisan a la carte professionnelle du Mali délivrée par les Chambres des métiers avec trois photos d’identité, plus l’acte de naissance et la Commission nationale de délivrance de la carte se déplacera pour vérifier si vous êtes réellement artisan, ensuite, l’état prend en compte 50% de la location du stand. 500 000 FCFA pour le stand dit tapis rouge qui n’est pas subventionné par l’état.

Comment cette édition est organisée ?

APCM en partenariat avec la FNAM, FIMAGA…

Mamadou Minkoro Traoré : L’APCM est en partenariat avec de grandes organisations professionnelles patronales et syndicales comme la FNAM, FIMAGA et tant d’autres, toutes les organisations grandes et petites. Nous sommes divisés en huit commissions, ainsi que des sous-Commissions. Chaque commission est à pied d’œuvre pour la réussite. Malheureusement, toutes les commissions sont confrontées à un problème de budget.

Vous parlez de salon international. Est-ce que vous avez des invités au plan régional, sous régional et même continental? Quelles sont les parties étrangères qui se sont manifestées pour participer à ce deuxième salon ?

Le Sénégal, invité d’honneur…

Mamadou Minkoro Traoré : Le Sénégal est l’invité d’honneur qui sera représenté par son ministre avec des surprises agréables ainsi que de nombreux artisans sénégalais et l’inscription de beaucoup de pays africains tels que la Tunisie, le Maroc, l’Algérie qui a déjà réservé une dizaine de stands, Burkina Faso ainsi que d’autres pays africains voisins chez qui nous participons à leurs salons auront des artisans qui effectueront le déplacement de Bamako. C’est un salon international où les pays européens et américains seront présents.

Est-ce que vous avez eu de manifestations ? Combien d’exposants avez-vous prévus ?

Plus de 1000 exposants sont attendus…

Mamadou Minkoro Traoré : Nous connaissons le nombre, déjà les pavillons climatisés, il est prévu 1000 exposants parce qu’il y a un grand pavillon qui peut accueillir 100 exposants, les autres stands ; 50 exposants. Donc, chaque stand accueillera 500 exposants, soit 1000. En dehors des stands climatisés, il y a des stands bâtis parce qu’il y a certains corps de métiers qui ont besoin d’espace comme la menuiserie auront des espacés aménagés pour se faire car  ils fabriquent des produits, puis les exposent alors que nos stands sont du 3m2. Nous avons prévu des places dehors pour accueillir ce corps de métier. Idem pour la construction métallique, les décortiqueuses de machines. Donc tous les métiers qui occupent de la place, sont prévus dehors. La place ne fera pas défaut. Il y aura de la restauration qui fait partie de l’artisanat, les rôtisseries,  viande, poissons et autres sont des artisans. L’artisanat, c’est surtout lorsque le travail est à prédominance manuelle peut utiliser des machines mais actionnées par l’être humain. En se référant à cette définition, toutes les boulangeries pour la plupart sont artisanales.

Le salon sera placé sous quel signe, avez-vous déjà choisi un slogan pour mieux  mobiliser les populations?

Placée sous la présidence du Président de la République…Mamadou Minkoro Traoré : La présente édition est placée sous la présidence du Président de la République. Le thème choisi est « L’accès des artisans, facteur de réduction de la pauvreté et moyen de créer la richesse».

Est-ce que vous avez pris attache avec les banques maliennes puisque celles de l’UEMOA sont très frileuses par rapport au financement des artisans locaux ? Quand est-il ?

Nous pensons avoir des sponsors…

Mamadou Minkoro Traoré : Nous avons écrit à toutes les banques de la place. Malheureusement, nous n’avons pas reçu à ce jour, de réponse. Nous pensons avoir des sponsors, surtout officiel, aucune réponse à ce jour, ne nous ait parvenue. Mais dans notre stratégie de démarche, nous allons les voir pour mieux les expliquer. Nous avons commencé et continuions à les démarcher.


Est-ce à dire que le sponsor officiel n’est pas encore connu ?
Mamadou Minkoro Traoré : Il y a des prétendants, attendons des réponses officielles.

Avez-vous un message particulier ?

Le salon est une occasion pour nous révéler davantage…Mamadou Minkoro Traoré : Le salon est notre affaire, une occasion aux talents cachés de se montrer, de se révéler. C’est aussi l’occasion de prouver à nos autorités que tout ce que nous importons comme meubles, peut être fabriqué ici au Mali. Je prends comme témoin la première édition au de laquelle, le Président de la république a été agréablement surpris de voir des produits tels que des salons et autres qui ont été fabriqué au Mali.

Nous faire confiance…

Il suffit de nous faire confiance, nous ferons le reste. Je profite de cette occasion pour lancer un appel à tous les artisans, à  toutes les entreprises artisanales parce que ce secteur aussi est mal compris puisque lorsqu’on parle de l’artisanat, les gens pensent à l’artisanat informel, d’art, malheureusement, ce n’est pas le cas car nous avons des entreprises artisanales formelles  et nous avons des entreprises formelles certes, le secteur est dominé par l’informel effectivement mais fortifié par 30 à 35/ du formel. J’en appelle à la créativité et à l’innovation de tous les artisans pour montrer à nos autorités que nous pouvons fabriquer les produits qu’elles achètent ailleurs. Le rendez-vous c’est du 07 au 21 novembre 2019 aux Parcs des Expositions de Bamako, route de l’aéroport à Kalaban-Coura.

Où se font les inscriptions ?

Les inscriptions se font à l’APCM et au département de l’Artisanat et du Tourisme…

Mamadou Minkoro Traoré : Les inscriptions se font à l’APCM à Ngolonina auprès de la Comptabilité, au Ministère de l’Artisanat et du Tourisme auprès de la DFM. Pour ceux qui sont loin, ils pourront s’adresser à nos organisations professionnelles ou à nos Chambres des Métiers de leur localité puisque la FNAM est présente dans tous les cercles du Mali.

Propos recueillis par Bokari Dicko et BiramaFall

 

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