L’ancien président José Eduardo dos Santos en Angola, après deux ans à l’étranger

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L’ex-chef de l’Etat est accusé d’avoir largement détourné les ressources nationales en favorisant sa famille et ses proches.

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L’ex-président angolais José Eduardo dos Santos, dont le clan est ciblé par une vaste campagne de lutte anticorruption, s’est rendu mardi 14 septembre en Angola après plus de deux ans en Espagne, selon l’agence de presse gouvernementale. « L’ancien président de la République, José Eduardo dos Santos, est rentré mardi au pays », selon l’agence Angop. Il a atterri dans la capitale Luanda dans la matinée.

L’ancien chef d’Etat avait quitté le pays d’Afrique australe pour Barcelone en avril 2019, officiellement pour raisons de santé. La durée de son séjour en Angola n’a pas été précisée. Maître absolu du pays d’Afrique australe pendant trente-huit ans, M. dos Santos, 79 ans, est accusé d’avoir largement détourné les ressources nationales en favorisant sa famille et ses proches.

Selon la Constitution, il reste protégé de toute poursuite criminelle par son statut d’ancien président jusqu’en 2022. Mais son entourage et les membres de sa famille ces dernières années n’ont pas été épargnés par une vaste opération « mains propres » menée par son successeur depuis 2017 et ancien ministre de la défense, Joao Lourenço.

Népotisme

Au nom de la lutte contre la corruption, ce dernier a écarté la garde rapprochée de son prédécesseur des instances dirigeantes du parti au pouvoir, des institutions et des entreprises publiques. Symboles du népotisme instauré pendant sa présidence (1979-2017), ses enfants ont été ciblés.

Première femme milliardaire d’Afrique, sa fille Isabel dos Santos a été débarquée de la tête de la compagnie pétrolière nationale Sonangol. Ses avoirs angolais ont été gelés et elle a été inculpée d’une flopée de crimes financiers. Elle est soupçonnée, avec son mari l’homme d’affaires congolais Sindika Dokolo – aujourd’hui disparu –, d’avoir détourné un milliard de dollars d’argent public.

Le fils de l’ancien dirigeant, José Filomeno dos Santos, a lui été condamné à cinq ans de prison pour avoir détourné de l’argent provenant du fonds souverain de l’Angola, qu’il a supervisé de 2013 à 2018.

Le grand ménage mené par M. Lourenço a surpris l’opinion publique et le parti au pouvoir depuis l’indépendance du Portugal en 1975, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA). La chute de la famille dos Santos a créé la satisfaction de la rue dans ce pays resté pauvre malgré la manne pétrolière. L’Angola tiendra des élections présidentielle, parlementaires et locales en 2022.

Le Monde avec AFP

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