Administrations publiques : l’insatisfaction des citoyens au cœur du rapport 2016 du Médiateur

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Le Médiateur de la République, Baba Akhib Haidara, a présenté le mardi 7 juin 2016 son rapport annuel au Président de la République Ibrahim Boubacar Keita à Koulouba. Au lendemain de cette remise au Chef d’État, le Médiateur était face à la presse. L’objectif était de présenter ledit document aux hommes de medias.

A retenir que le document comporte cinq grandes rubriques dont les principales regroupent des chapitres consacrés aux activités de traitement des réclamations par l’institution, y compris les délégations territoriales dans les régions ; à l’organisation de la vingtième session de l’Espace d’interpellation démocratique  (EID) ; aux activités de renforcement des capacités institutionnelles et enfin aux activités de coopération externe dans le cadre de réseaux institutionnels de Médiateurs et d’Ombudsmans.

En effet, il ressort de ce document annuel du Médiateur de la République que du 1er janvier au 31 décembre 2015, ses services ont accueilli et orienté 2914 personnes contre 1078 en 2014. Soit une augmentation d’environ 63%. Selon le Médiateur de la République, Baba Akhib Haidara, cela résulte d’une meilleure perception des Services de son département notamment dans les régions et l’inexistence des barrières entre les populations et le Médiateur pour s’informer et s’orienter sur les bons fonctionnements des services publics.

Concernant les réclamations proprement dites, le Médiateur dira que sur l’ensemble du territoire national, 228 cas ont été jugés recevables selon les critères statutaires et constitués en dossiers réglementaires.

Il précisera que sur ces 228 dossiers, 160 ont été entièrement traités et clos et les 68 restants sont en cours de traitement. « Les réclamations traitées en 2015 concernent les secteurs habituels qui vont des affaires domaniales et foncières à l’éducation en passant par la justice, et la protection sociale, entre autre », ajouta le Médiateur de la République. Et d’avancer que cette année, ses services se sont intéressés un peu plus particulièrement aux cas des demandes que les citoyens adressent à certains services publics et qui ne reçoivent aucune suite, pas même un simple accusé de réception. Un état de fait qui crée un sentiment de méfiance et une crise de confiance entre les usagers et les administrations publiques. « Les cas des demandes écrites qui ne reçoivent pas de suite dans les délais légaux, ni même raisonnable, relèvent de ces pratiques anormales qui affectent négativement les relations entre l’Administration et les usagers des services publics » a-t-il martelé. Avant de laisser entendre que le service public étant l’affaire de tous, nous devons tous travailler à la consolidation de la confiance des usagers dans l’Administration publique.

Parlant de la 20ème édition de l’Espace d’interpellation démocratique (EID), le Médiateur rappellera qu’elle s’est tenue dans une conjoncture nationale marquée par la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali des 15 mai et 20 juin 2015. Selon lui, les manquements à des valeurs de cet accord qui concernent la justice, les droits de l’homme et la bonne gouvernance, constituent la toile de fond des interpellations à l’EID.

En termes de participation, avance-t-il, la tendance observée l’année dernière s’est confirmée en 2015. « Au total 206 interpellations ont été enregistrées dont environ 40% issues du District de Bamako et 60% venant des régions » a-t-il souligné.

« L’une des ambitions de l’EID est d’être un espace de dialogue démocratique entre gouvernants et gouvernés », a-t-il affirmé. A cet égard, à ses dires, le déroulement de cette 20ème session de l’EID a connu un dialogue de qualité entre les interpellateurs et les membres du Gouvernement concernés, cela avec la participation d’organisations de la société civile qui ont montré, encore une fois, leur engagement et accepté de s’astreindre à la discipline de l’exercice. « Comme une culture démocratique nationale, pour l’avenir, nous devons encore travailler en vue de relever les défis qui restent liés à la perception de l’EID par le citoyen et aux procédures de ce forum afin de la préserver des risques de dénaturation et lui permettre de se développer, véritablement, comme un élément intrinsèque de la démocratie malienne », a-t-il signalé. Et de préciser que ces défis ont fait l’objet d’un examen approfondi par un groupe de réflexion établi par le Médiateur de la République et plusieurs structures étatiques.

Seydou Karamoko KONÉ

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1 commentaire

  1. Tout cela est le manque de sérieux dans ce pays .L’exécutif est devenu l’impunité totale.
    Finalement on a honte d’être malien à cause de ces pratiques.

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