Des Bandits armés touareg frappent de nouveau à Léré : Une centaine de forains dépouillés de leurs biens par des Touaregs, le camion qui les transportait brûlé

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rebelles islamistes
Des rebelles islamistes de Ançar Eddine (Afp) (photo archives)

C’est arrivé, le jeudi 27 février dernier, entre Dioura et Léré dans la région de Tombouctou. Un acte de grand banditisme qui vient raviver la tension entre les populations peulhs et tamacheqs vivant dans le Macina et au-delà.

 

Comme on le sait, à la suite à l’occupation des régions nord du pays, les populations vivant dans le Macina et au-delà font l’objet d’attaques armées qui ont déjà coûté la vie à plusieurs personnes et causé des dégâts matériels importants surtout auprès de la composante peule. Et cela en plus de leur cheptel qui est constamment enlevé.

 

 

 

Le cas remonte donc au jeudi 27 février dernier, quand une centaine de forains qui avaient embarqué à Doungoura, dans la commune de Toguérécoumbé, cercle de Tenenkou (Mopti), à bord d’un camion remorque ont été l’objet d’un braquage par des  gens identifiés, de sources concordantes, comme étant des Touaregs.

 

 

La scène s’est déroulée entre Dioura et Léré, quand ces bandits, à bord de véhicules et de motos, ont tendu une embuscade à ces tranquilles forains qui ne vivent,depuis les temps immémoriaux, que du commerce de bétail et de petits ruminants. Après que le véhicule transportant les forains eut été immobilisé, les bandits ont ligoté tous ses occupants et procédé à une minutieuse fouille corporelle avant de emparer des marchandises qui s’y trouvaient. Ils chargèrent leurs véhicules de tout ce qui les intéressait ; avant d’asperger d’essence le camion et de le brûler. Laissant à leur sort les pauvres forains qui n’avaient désormais que leurs yeux pour pleurer. Délaissés dans le désert, sans nourriture ni eau. Les bandits, dans leur cupidité, ont retiré et emporté même les simples bagues que portaient certains forains.

Avant l’embuscade de ce jeudi, les populations de Ouro-Nguiya, localité située elle aussi dans la commune de Toguérécoumbé, avaient reçu la visite de gens, identifiés encore une fois, comme étant des Touaregs, venus dans cette commune pour, disent- ils, ” à la recherche de motos”. C’est ainsi qu’ils emportèrent l’unique moto neuve de la commune qui appartenait à un dénommé Sow. Une semaine auparavant, les mêmes individus avaient tué un berger avant d’enlever son troupeau.

 

On se rappelle que les responsables de l’association pour la promotion de la culture peule, Tabital  Pulaaku, avaient animé, le 15 février dernier, une conférence de presse au cours de laquelle ils avaient révélé que “le 18 mars 2013, des bandits armés ont intercepté les véhicules de forains sur l’axe Léré-Dioura et qu’une vingtaine de passagers ligotés, les yeux bandés, avaient été égorgés ou fusillés et leurs corps drainés dans les profondeurs d’un puits”. Selon les responsables de ladite association, “malgré les multiples démarches entreprises, aucune autorité politique ou administrative, aucun organisme de défense des droits de l’homme n’en ont jamais parlé et aucun organe de presse n’a rendu compte de ce qui s’est passé à Doungoura. Aucun signe de sympathie, aucun clin d’oeil de compassion de quelque officiel pour les orphelins et les veuves. Aucune enquête n’a été diligentée pour situer les responsabilités”.

 

 

Pour la réconciliation et la paix, Tabital Pullaku  avait alors proposé “la sécurisation effective et permanente des zones frontalières et des espaces et axes sensibles, le retour effectif de l’administration partout où elle est absente, l’identification des auteurs des crimes et délits et leur jugement, le recensement des victimes et l’indemnisation des préjudices subis, l’implication de Tabital Pulaaku dans les structures officielles dédiées à la réconciliation et à la paix, l’organisation de rencontres intra et intercommunautaires pour la réconciliation et pour le vivre ensemble, l’organisation de rencontres de pardon et de réconciliation, l’organisation de la transhumance 2014 dans les meilleures conditions en faisant par exemple accompagner les animaux par des forces de sécurité, la prise en compte effective des zones curieusement occupées et effectuées par les rébellions dans les projets et programmes de développement, la mise en œuvre d’une politique d’hydraulique pastorale dans la zone du Macina et tout au long des parcours de transhumance “.

 

Voilà des mesures qui s’imposent au vu des attaques et embuscades répétitives auxquelles les populations peules continuent de payer un lourd tribut.

Mamadou FOFANA

 

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7 COMMENTAIRES

  1. Tant que l’ETAT sera absent les crapules agiront..Tous les Touaregs ne sont pas des criminels une grand pourcentage d’entre eux aimeraient vivre dignement.

  2. 👿 Et ces journalistes maliens, avec M. B. Daou en tête, qui se sont joint à la communauté internationale pour harceler IBK parce qu’il exigeant le désarmement préalable à toute négociation ?

    Tant que le MNLA est armé, ces attaques continueront…ils vivent de ça 🙁 …

  3. tout ça c’est la faute du gouvernement
    ces gens la sont comme des voleurs;ils profitent des champs a l’absence du propriétaire
    on croyait avoir bien fait avec les élections mais hélas
    ils sont toujours a la bataille pour l’os a Bamako sans se soucier du Mali a plus forte raison les malheureux populations
    quant-est qu’on aura une personne a la hauteur de nos espérances
    dans tout ça les complices sont souvent dans forces de sécurités.je vous dit mille fois réveillez vous avant qu’il soit trop tard.
    la sécurités au Mali a besoin de la maitrise,la sérénité la rapidité de réaction et surtout de l’assainissement MERCI QUE DIEU SAUVE LE MALI MERCI

  4. La seule solution qui reste à chaque village malien est la création de groupes d’auto-défense en l’absence des autorités.

  5. Si le Mali avait accepté le déploiement de l’armée mauritanienne au sein de la misma tout au long de la frontière ouest du Mali on aurais évite sans doute ce genre de banditisme.

  6. De toutes les façons c’est inadmissible que l’Etat reste inerte face à la multiplication des attaques de ce genre. Des patrouilles sont nécessaires.
    La mise en place de réseau téléphonique n’est pas un luxe pour faciliter la circulation de l’information.
    Peut être qu’il faudra distribuer des armes à une partie de la population pour qu’elle se défende car l’armée et la gendarmerie ne sont pas à la hauteur de la tâche.

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