Vente et expropriation du marché de kalaban-coro : Où en est-on et que dire trois ans après ?

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    Il y a bientôt une année, le quotidien Les Echos a publié un article destiné à alerter l’opinion publique nationale sur le problème de la vente du marché principal de kalaban-coro. Intitulé ‘’Kalaban-coro, le maire dans le collimateur de l’UACDDDD’’, l’article informait ses lecteurs de la relation terriblement tendue que le maire, Issa Bocar Ballo, entretient avec les populations. La toile de fond de la situation n’est autre que l’accaparement du principal marché par le maire et sa clientèle pour en faire un fonds de commerce.

    Comme nombre d’habitants ou d’amis, il y a bien longtemps que je crains que cela ne débouche sur une telle situation dont les populations de kalaban-coro sont les seules à faire les frais. Pour moi, ce qui s’est passé à kalaban-coro le jeudi 25 mars 2010_ une véritable répression dans la violence du vent de contestation soulevé par les autochtones opposés au projet véreux du maire_ mérite d’être compulsé, ausculté tant l’horreur et l’impensable ont été grands : des familles entières ont été humiliées, violentées par les forces de l’ordre, déployées pour la circonstance, des jeunes tabassés à sang et laissés pour mort, des mères innocentes jusqu’au bout ont été malmenées. Des scènes qui rappellent l’époque coloniale et qui ne sont pas loin de dépasser en horreur la répression malgache de 1954.  Le plus frappant c’est que la plupart des gendarmes qui se sont rendus coupables  de tels actes de barbarie réside dans la même commune de kalaban-coro !

    Aussi-faut-il relever qu’il en a résulté une profonde dégradation du tissu social dans le quartier appelé ‘’Dougoucoro’’, l’ancien village, où habitent les autochtones. De fait, il ne fait aucun doute que le projet du maire a déchiré les liens entre ces familles autochtones qui, aujourd’hui, ne s’aiment plus, ne se fréquentent plus, les unes attendant les autres au tournant. Et, disons-le sans hésitation, la réussite du maire à mettre en exécution son projet tient au soutien, par une lâcheté intéressée dont il a bénéficié, de certains autochtones qu’il a aveuglés et dérangés…par l’argent. Aujourd’hui, la magnitude de la division est telle que certains autochtones sont défendus de rentrer dans certaines mosquées, ne sont plus assistés par leurs frères et amis dans les moments, quand il y a une cérémonie heureuse ou malheureuse chez eux… Même des frères de laits se sont tourné le dos !

    Bien entendu, il n’y a pas que cela. Depuis qu’il occupe le fauteuil de maire de la commune de kalaban-coro, Issa Ballo n’a rien fait qui soit au dessus. Le jeudi 25 mars 2010, le marché principal de la commune a été mis en bouillie ; à la place des hangars ont poussé des immeubles appartenant à des conseillers, des opérateurs économiques et à des cadres du pays venus de nulle part, tandis que, grande injustice, les hommes et femmes qui vivaient dans ce monde de débrouille qu’est le marché, occupent les espaces publiques de la jeunesse. De plus, la municipalité n’a toujours pas achevé de reconstruire le marché, les travaux ont été interrompus il y a belle lurette, et les difficultés financières avancées par le maire n’ont pas recueilli l’adhésion des populations. La situation reste bloquée, les haines croissent, les désirs de vengeance se nourrissent…le maire est déboussolé nonobstant les réunions qu’il multiplie avec les autochtones qui s’étaient opposés au projet et qu’il incite à lui faire allégeance. Mais rien à faire.

    Certes, la volonté du maire Issa Ballo de faire amende honorable ne souffre aucun doute. Mais encore une fois, il n’existe pas de pardon sans justice. Des chefs de famille, des jeunes, des mères ont été violentés le jeudi 25 mars 2010, au mépris de tout droit relatif à la personne humaine, dans le seul dessein d’assouvir le désir d’un maire affairiste. Le jeudi 25 mars 2010 restera une date mémorable pour les populations de kalaban-coro. C’est une journée sur laquelle on pourrait écrire des romans, des chroniques, des chansons sans l’épuiser.

    Mais le plus important enseignement à tirer de cette situation est que, finalement, la décentralisation au Mali n’est qu’un grand mot ; elle n’a jamais existé. Quand le fauteuil de maire n’est convoité qu’aux seules fins de se faire les poches et bâtir des gratte-ciel, c’est qu’il y a problème. Et quand presque toute une commune accepte et supporte sans broncher les caprices et les fantasmes d’un seul homme, c’est qu’il y a un autre problème. Alors, bien sûr, il faut ajouter que partout au Mali, la politique de décentralisation a été vidée de son sens par ceux à qui il revient le rôle de la mener. Les failles n’y manquent pas.

    Boubacar Sangaré             

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    4 COMMENTAIRES

    1. Je pense que le regime att continue parce que si nous voyons reellement les choses sans se voile la face on constate que rien n a change si ce n est le poste presidentiel a part ca on a deja vu toutes les personalites qui sont la ils n ont rien fait dans le temps d att pour empecher la legalisation de la corruption et le nepotisme l affairisme …

    2. Le cas de ce psdo maire est très indecant et même insultant.elu sur la base k c’est un pauvre enseignant de 1cycle donc honnête l’homme ne vas pas tarder à montrer son vrai visage une fois elu .au bout de quelques année l homme modeste se montre ds des grands 4×4 pleins de villa et même un grand château avec gardien des immeubles partout et tout ça au su et a la vue de tout le monde.lhomme est devenu richissime sur les biens puplics.on se demande si il y’a une justice au Mali.et pire Mr se permet d’intimider les opposants à ses projets les plus arbitraires avec les forces de l’ordre corrompus de kalanbancoro.Si le gouvernement ne prend pas ses responsabilité c’est la population ki le fera à sa place tant l’homme est devenu dégoûtant et se sent intouchable vivement la justice dans ce pays.

    3. Ce maire de kalaban Coro et beaucoup d’autres, y compris le maire central doivent être arrêtés et traduits en justice. Il faut la justice et en finir avec l’impunité. Tout le monde sait que les maires sont devenus des hommes et femmes d’affaires. Ils viennent à pied avec prèsque pas de pantalon ou de chaussures et ils partent en 4X4 V8 se coucher dans les maisons sompteuses avec des gardiens à la porte. Tout cela au nom de la démocratie. Mais en réalité, que vaut la démocratie si elle n’apporte pas le bonheur, la déscence et le respect au peuple. Sommes-nous forcés de de rester avec une démocratie qui trompe et qui ne garantie pas l’avenir de sa jeunesse?? Sommes nous contraint de vivre dans une démocratie de minorité qui opprime le reste?? La mort dans l’âme, et sans justice aucune, le Mali, mon pays s’est engoufré dans les tenèbres sans espoir de voir le jour. A bon entendeur salut.

      • Il faut faire la lumière de la gestion des communes dans ce dernier mandat d’ATT. A kalaban-coro tous les marchés grands et petits ont été vendus aux gens chères, car les premiers occupants n’ayant pas les moyens ont été écartés par les modalités de reconstruction. Le vérificateur général doit s’occuper de cette commune pour éviter que les populations ne se rendent justice un jour.

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