Protection de l’environnement : La femme, un pilier

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La femme est l’actrice principale dans notre société. Elle est en mouvement du matin au soir, constituant plus de la moitié de la population, son rôle es très important dans la protection de son cadre de vie. Mais joue-t-elle un rôle pour protéger son environnement ? Est-elle assez au fait de l’importance du milieu naturel à sauvegarder au point de s’investir ?

Dépendant de leur lieu d’installation, les femmes ont des rapports variés avec la nature. En milieu urbain, ce que les femmes peuvent faire pour protéger l’environnement est énorme, surtout dans le cadre de l’assainissement.

Dans les grandes villes, il revient aux femmes de s’occuper de la propreté en premier lieu. C’est elles qui balayent, qui s’occupent de l’évacuation des eaux usées des lessives et vaisselles… Or, pour ne prendre que le cas de Bamako, tout le monde sait que le problème environnemental n° 1 dans la capitale est la gestion des ordures.

Après la production des usines, les ménages suivent en terme de nocivité. Mais l’évacuation de ces déchets pose problème.

Ces femmes sont celles qui produisent les déchets ménagers. Avec la naissance des groupements d’intérêt économique (GIE) dans les quartiers, le problème est devenu moindre, sinon, rares sont les femmes qui géraient correctement les ordures des ménages. Les dépotoirs étaient improvisés un peu partout, avec tout ce que cela peut comporter d’effets négatifs sur la santé.

On peut également évoquer le cas des déchets plastiques. Les ménages sont parmi les plus grands consommateurs de plastique. A Bamako, la plupart des maisons sont encore dotées de puits. Même si l’eau de ces puits sert de moins en moins à la consommation, elle sert quand même pour les toilettes, la vaisselle et la lessive. Très rarement, les abords de ces puits sont aménagés. On y trouve toutes sortes d’ordures ou des flaques d’eau stagnantes depuis des jours. Ces flaques se transformeront en nid, propice à la prolifération de mouches, moustiques et autres insectes nuisibles à la santé.

A Bamako, le système d’égout est très peu développé. Les femmes déversent donc directement dans les rues les eaux sales de la cuisine, de la lessive ou de la vaisselle. Ceci, avec l’hivernage, donne des mares nauséabondes au beau milieu des rues. Ces mares restent toute l’année dans certains quartiers.

Une gestion difficile

Pire, la teinture est en pleine expansion à Bamako. Les teinturières utilisent toute sorte de produits chimiques sur les tissus. Et tout comme pour les eaux des ménages, ces teintures sont jetées dans la rue. Jusque-là, même si l’on reste convaincu dans les milieux de spécialistes en environnement des dangers, il n’y a pas encore eu des études à ce propos pour évaluer les méfaits.

Sinon, ces teintures sont néfastes à plus d’un titre. En effet, elles s’infiltrent dans le sol et polluent la nappe phréatique, et peuvent également s’évaporer et causer des dommages aux individus et à l’atmosphère.

En ville, il y a heureusement des initiatives qui se développent du côté des femmes, initiatives allant dans le sens de la protection de l’environnement. On peut évoquer en premier le cas de la Cofespa. C’est la première coopération féminine de ramassage des ordures. La Cofespa, qui est entièrement dirigée par des femmes a réussi en moins d’un rien, à faire un travail de sensibilisation immense. En effet, grâce à elle, les femmes, se sont senties concernées par le ramassage des ordures car, à l’occasion, elle a mené des actions de sensibilisation en direction des femmes.

En plus, parmi ceux qui se spécialisent dans le ramassage et le recyclage des déchets plastiques, il y a de plus en plus de femmes. Elles en font des cordes, des objets décoratifs ou même des ustensiles qui peuvent servir à la cuisine.

Actions des femmes rurales

En milieu rural, les femmes sont en étroite relation avec la nature. Elles cultivent, font de l’élevage, le jardinage… A ce niveau, elles ne sont pas non plus bien informées sur ce que doit être leur rapport avec la nature. A cause de leur trop grande implication dans l’activité quotidienne au niveau de la famille, elles influent beaucoup sur l’environnement. C’est ce qui fait dire à certains (à tort peut être) que, après la chèvre au niveau domestique, la femme est celle qui agit beaucoup  négativement sur l’environnement. Ce sont-elles qui s’occupent du ramassage du bois, de la cueillette des fruits. Il faut reconnaître, sans verser dans le féminisme, qu’il y aune injustice à ce niveau. C’est elles qui font la majeure partie des travaux champêtres mais, malgré cela, elles n’ont à leur nom aucun matériel de travail. Elles tirent de la nature la plus grande partie de leurs ressources… Mais elles ne sont pas non plus informées sur les dispositions légales en la matière. Ainsi, la loi fait obligation à ceux qui veulent cultiver, de planter et de protéger les arbres. On doit préserver, en faisant un nouveau champ, 10 à 20 arbres par hectares. Ceci est ignoré en brousse, ce qui fait que de grands espaces sont débroussés chaque année et abandonnés après un moment.

Au moment de la cueillette, l’action des femmes est beaucoup décriée. Souvent, en cueillant les fruits sauvages, elles coupent toute une branche pour quelques fruits. Au village, les abords de puits ne sont pas non plus assainis et ils n’ont pas de couvercle. Ceci est assez grave, car les puits étant communs, il serait facile pour tout un village d’attraper une maladie.

A propos de la coupe du bois, on évalue à plus de 10 millions de tonnes par an la quantité de bois coupé au Mali. Ce qui nous expose aux effets néfastes des eaux de ruissellement, au vent et à la sécheresse.

Heureusement, les femmes n’ont pas que des rapports néfastes avec la nature. Dans beaucoup de villages, le compost est fabriqué dans la grande cour familiale et ce sont les femmes qui s’en occupent. En effet, ce sont elles qui balayent chaque matin et déversent leurs balayures dans la fosse creusée au milieu de la cour. Une fois celle-ci comblée, elles font la lessive et la vaisselle dessus chaque jour, de manière à accélérer le pourrissement.

Nécessité de mieux sensibiliser

Au niveau villageois, les femmes ne sont pas bien informées ou sensibilisées sur leur rôle dans la protection de l’environnement. Ce déficit est partiellement corrigé à Ségou et Mopti par certains projets.

Grâce aux foyers améliorés, les femmes qui utilisent des quantités de bois pour la cuisson quotidienne peuvent se contenter de deux à trois morceaux de bois. Ceci permet surtout d’épargner une grande partie de la forêt. Avec également le projet hydraulique villageois, même s’il y a un seul puits au village, il a les abords assainis et la corvée d’eau est devenue moindre.

Mais l’action propriétaire à mener est la sensibilisation.

Il ne faut plus que les femmes soient exclues des programmes de sensibilisation aux questions d’environnement. Si elles ne sont pas les auteurs des feux de brousse, elles sont quand même des actrices qui précipitent l’arrivée du désert.

 

Malick Camara

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