Lutte contre la Pollution : Des usines à fermer pour atteinte à la santé publique

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Le Gouvernement du Mali, selon un haut fonctionnaire des Affaires Etrangères, entendait depuis deux ans et cela dans le cadre de la mise en œuvre des conventions internationales, déclencher la guerre contre les industries qui ne respectent pas les normes en terme de la préservation de la santé publique.

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En effet, à la faveur des engagements internationaux auxquels il a souscrit, le Gouvernement, d’après les études nationales, sait désormais que les grandes industries font de l’économie au détriment du respect des normes. En d’autres termes, le budget qui normalement doit être consacré au traitement en amont des déchets issus du processus de fabrication, est détourné au profit d’autre chose. Cette attitude déloyale des grandes industries du Mali, influe sur toutes les couches socioprofessionnelles au plan de la santé de masse. Or, l’Etat, dans le cadre de ses fonctions régaliennes, consacre une grosse part du budget à la couverture sanitaire du pays à travers : la mise à disposition des médicaments, la recherche scientifique, la construction d’infrastructures sanitaires, la dotation des services sanitaires en équipement etc. Ainsi, selon nos sources, la liste des usines devant être épinglées serait déjà établie, il s’agirait, entre autres, de : la TANNERIE, la FABRIQUE AFRICAINE DE MECHE  (FAME), SIMPLAST, la SOMAPIL.

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Utilisant des substances toxiques dans le cadre de leurs activités, les industries maliennes, à l’instar d’autres à travers le monde, en dépit de l’existence de plusieurs technologies et matières de fabrication et de production, continuent d’émettre des Composés Organiques Volatils (COV). Tels : Ethanol, Propane, Térébenthine, Butane, Dioxyde de Carbone (ou CO2) etc. Le CO2, faut-il le souligner en passant, est à l’origine du réchauffement climatique, parce qu’il détruit la couche d’ozone, laquelle servant de filtre, atténue les effets du rayonnement solaire sur les êtres vivants. Pour les spécialistes de cette question, ces produits chimiques toxiques à support physiologique, minéral, organique, liquide, solide où gazeux, relâchés dans l’atmosphère pénètrent dans l’organisme humain par inhalation, ingestion et contact cutané. La plupart de ces produits dangereux sont encore en usage dans le seul souci de faire de l’économie, alors qu’il existe d’autres solutions pouvant permettre de les éviter. Il s’agira pour les industries mises en cause, de se doter de dispositifs permettant d’éviter l’émission dans l’atmosphère des substances toxiques à l’état brut et de recourir à l’utilisation de nouvelles matières de fabrication de produits industriels, qui sont certes onéreux, mais ne représente, à plus de 90%, aucun danger sur la vie des populations.  Car, il ne faut pas se leurrer prévient-on, la multiplicité des unités industrielles et la poussée de la technologie riment avec les problèmes sanitaires et environnementaux.

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CONSEQUENCES

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Au-delà de la résistance des microbes aux traitements,  les maladies dites « émergentes », des pathologies nouvelles, se multiplient dans notre pays et deviennent de plus en plus mortelles. Les traitements se faisant  par tâtonnements, les chances de survivre à la maladie sont minimes. Ces derniers temps, le corps soignant, ce n’est un secret pour personne, malgré la batterie de nouveaux procédés de consultation et d’analyse, n’arrivent même pas à poser le diagnostic de nombre de ces affections, a fortiori venir à bout du mal.

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Concernant l’environnement, les populations riveraines des fleuves, de Kayes à Gao via Bamako, ont vu leur santé fragilisée, la faune aquatique décimée et même la Société EDM a souvent du mal à traiter ces eaux destinées à la consommation directe. Pour preuve, récemment, des centaines de poissons ont été trouvés morts sur la berge , à la Cité du Niger. A la Direction Nationale du Contrôle des Pollutions et des Nuisances, loin de saluer cette mesure du Gouvernement, on pense que les usines épinglées par ce Rapport National, ne se plieront pas au respect des nouvelles consignes ; elles veulent, semble-t-il, que l’Etat leur accorde des subventions afin d’amortir le coût de l’investissement que va nécessiter l’acquisition des nouveaux équipements. En tout cas, les différents experts en toxicologie, environnement et santé publique, consultés par le Gouvernement du Mali, sans être alarmistes, sont unanimes à reconnaître que la valeur de seuil est atteinte en ce qui concerne le District de Bamako ; ce seuil est la limite au dessus de laquelle il faut s’attendre à toutes sortes de bouleversements naturels, lesquels auront des conséquences néfastes sur la vie humaine, animale et végétale.

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En  clair, les autorités maliennes, à travers ce combat pour le respect des normes, voulaient anticiper en adoptant des mesures préventives contre les calamités naturelles, qui continuent de ravager certaines parties du monde (Tsunami, le séisme et la fonte de la banquise). Si le Mali est à l’abri de ces bouleversements climatiques, par contre avertissent les climatologues, si rien n’est fait pour inverser certaines tendances, il risque dans les années de connaître d’autres colères de la nature telles que : la raréfaction de l’eau, la persistance de la sécheresse et le réchauffement du climat tropical.  Par ailleurs, il convient de signaler que, depuis plusieurs années, le Gouvernement du Mali, dans le cadre de la commémoration de la Journée Mondiale de l’Environnement, organise «  la Quinzaine de l’Environnement ». Cette activité est entièrement consacrée à la sensibilisation, à l’information et à l’éducation  à destination des décideurs, ONG et grand public, sur la prise en compte de la dimension environnementale dans les stratégies globales du développement. Mais malheureusement, on ne semble pas prêt à s’attaquer aux industriels qui n’accordent aucune importance à la santé. Et ce sont les pauvres populations qui en récoltent les pots cassés.

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Markatié Daou

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ENVIRONNEMENT ET ASSAINISSEMENT         

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Les conditions de l’audit d’environnement fixées
Pour améliorer les conditions de vie des populations, le gouvernement a décidé de mettre en place de nouveaux dispositifs législatifs. C’est dans ce cadre que le Conseil des ministres, lors de sa dernière session,  a adopté un projet de décret fixant les conditions d”exécution de l”audit d”environnement.

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Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique nationale de protection de l”environnement, notre pays s”est doté d”une gamme d”instruments juridiques, au nombre desquels il faut citer la loi du 30 mai 2001 relative aux pollutions et aux nuisances.

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Cette loi fait obligation de soumettre à un audit environnemental tout travail, tout aménagement et tout ouvrage industriel, agricole, artisanal, commercial ou de transport dont l”activité peut être source de pollution, de nuisance ou de dégradation de l”environnement.

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L”audit environnemental a pour objet de vérifier qu”une activité ou une exploitation fonctionne conformément aux règles édictées en matière de protection de l”environnement.

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Le présent projet de décret détermine les conditions dans lesquelles l”audit environnemental va être exécuté. Aux termes du projet de texte, l”audit peut être réalisé par l”entreprise elle-même ou à l”initiative de l”administration selon une procédure comportant plusieurs étapes.

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Les résultats de l”audit, lorsqu”ils font apparaître des anomalies d”une certaine gravité, peuvent conduire à prescrire des mesures correctives en vue d”assurer le respect des normes environnementales.
Markatié Daou

rn26 octobre 2007

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