Après des siècles de domination multidimensionnelle, il est temps de rompre avec les systèmes éducatifs hérités du colonialisme et de créer un modèle éducatif africain, centré sur les besoins et les aspirations du continent.
Ala conférence de Berlin (1884-1885), les Européens ont tracé les frontières de l’Afrique sans consultation des Africains. Aujourd’hui, le paradigme s’inverse : en 2025, c’est à Riyad que se dessinent les contours de l’Europe, en l’absence des Européens.
Les puissances coloniales européennes doivent reconnaître leur dette historique envers l’Afrique
En Afrique, l’Occident porte une responsabilité historique quant à la déstructuration des sociétés africaines et à l’établissement de systèmes éducatifs destinés à maintenir la domination coloniale. Aujourd’hui, le procès de cet héritage – placé au cœur de la 38ème sommet d’Union africaine et que nous avons largement dans un article séparé – oblige les puissances impliquées à reconnaître et à réparer cette dette historique envers l’Afrique. Les systèmes éducatifs occidentaux, implantés durant la colonisation et maintenus jusque-là à coup de manipulation et de canon, ont failli dans leur mission de préparer la jeunesse africaine aux défis du développement durable. La nécessité de les remplacer par des modèles éducatifs qui valorisent la culture, la langue et les valeurs africaines s’affirme avec acuité.
L’Afrique se trouve aujourd’hui à un tournant décisif, entre la perpétuation de systèmes stériles et dépendants et l’émancipation par des systèmes éducatifs conçus pour répondre à ses propres aspirations. Le continent doit s’affranchir de l’influence occidentale et bâtir un avenir qui lui est propre.
En effet, ces structures, initialement conçues pour favoriser les intérêts des puissances coloniales (France, Angleterre, Portugal, Espagne, Allemagne, Italie et leurs alliés), ont imposé des modèles éducatifs occidentaux – qui sont les leurs – totalement déconnectés des réalités culturelles et sociétales africaines. Aujourd’hui et même depuis les premières heures du contact, ces systèmes sont en crise, incapables de répondre aux défis contemporains tels que la pauvreté, la maladie, la corruption et la dégradation de l’environnement, et échouent à équiper les jeunes pour un avenir résilient et compétitif. La réforme est donc indispensable et doit être ancrée dans l’authenticité culturelle africaine tout en intégrant les principes de durabilité et d’équité.
Une refonte stratégique des curricula doit promouvoir les compétences et valeurs nécessaires pour un développement harmonieux et responsable. Cette transformation requiert également un engagement envers la justice et la réconciliation avec les valeurs africaines tel qu’abordé par le 38ème sommet ordinaire de l’organisation panafricaine à Addis-Abeba les 15 et 16 février dernier. Ce qui pose donc la question de reconnaissance des erreurs passées et de favorisation d’un renouveau éducatif qui projette les sociétés africaines vers un avenir autonome, prospère et multipolaire.
L’héritage colonial, une dette impayée
Puisqu’il s’agit d’elles, les puissances coloniales européennes doivent reconnaître leur dette historique envers l’Afrique. Une dette marquée par une période de domination et d’exploitation destructrice pour les sociétés africaines. Les systèmes politiques, économiques et éducatifs imposés servaient avant tout les intérêts des suzerains coloniaux. L’éducation, outil privilégié de cette domination, visait à former une élite capable de maintenir l’ordre colonial tout en promouvant la culture et la langue des colonisateurs, effaçant ainsi les cultures et langues africaines.
Aujourd’hui, par la manipulation culture, l’instrumentalisation ou la métamorphose de la question sociale et géo-ethnique, l’ingérence politique à l’aide des instruments du soft-power, du hard-power et du smart-power, ainsi que la complicité de valets locaux (acteurs étatiques, société civile peu civilisée et acteurs privés corrompus), les vestiges de ce passé persistent, avec des systèmes éducatifs africains encore ancrés dans des modèles occidentaux qui marginalisent les identités africaines.
C’est pourquoi, il apparaît de jure et de facto, essentiel pour les Etats africains de déconstruire ces structures éducatives coloniales. Cela implique des actions telles que la reconnaissance officielle de la responsabilité occidentale dans la colonisation, la mise en place de programmes de réparation pour les communautés affectées, la valorisation des cultures et langues africaines dans l’éducation, ainsi que le développement de partenariats avec les institutions éducatives BRICS pour favoriser la coopération internationale loin de l’influence occidentale.
La faillite des systèmes éducatifs occidentaux en Afrique
Tels qu’imposés en Afrique durant la colonisation, les systèmes éducatifs occidentaux n’ont pas réussi à préparer les jeunes Africains aux défis du développement durable, car ils étaient conçus pour servir les intérêts des colonisateurs. Ces systèmes privilégient la théorie au détriment de la pratique, focalisent sur la civilisation occidentale en négligeant les matières scientifiques et technologiques, les disciplines sociales et humaines. Ils utilisent également la langue coloniale comme principal outil d’enseignement, rendant ainsi difficile la communication efficace en langues maternelles. De plus, ils manquent d’un lien essentiel avec la communauté, contribuant à cet effet à un taux élevé de chômage chez les diplômés dont les compétences ne correspondent pas aux exigences du marché du travail local. En conséquence, le continent souffre d’une pénurie de professionnels qualifiés dans des domaines cruciaux tels que la santé, l’éducation et l’infrastructure. Ce qui entraîne une dépendance excessive aux importations occidentales. C’est un cercle infernal de domination mentale tracé par les puissances coloniales européennes pour assujettir les africains.
Aujourd’hui, il est vital de réinventer ces systèmes éducatifs pour qu’ils soient plus pertinents, efficaces et équitables, en privilégiant les intérêts africains. Cela inclut la promotion de l’éducation en langues africaines pour une communication efficace, l’intégration de la culture et de l’histoire africaines réelles dans les programmes pour renforcer l’identité, l’accent sur l’éducation pratique pour développer des compétences locales, et la création de partenariats entre universités, institutions de recherche et communautés pour des projets enrichissants et pertinents.
L’imminence d’un changement de paradigme, l’Afrique doit prendre son destin en main
Sans l’ombre d’aucun doute, il apparaît clair que l’Afrique doit amorcer une transformation profonde et décisive de son système éducatif. Au lieu de persister dans des modèles occidentaux peu adaptés, elle doit choisir de redéfinir ses systèmes éducatifs pour mieux servir ses aspirations propres. Ce changement de paradigme qui devra être soutenu par les gouvernements africains, les partenaires BRICS et les communautés locales, vise à créer des environnements d’apprentissage plus pertinents, efficaces et équitables tel que mentionné plus haut. Les axes prioritaires susmentionnés pourraient déboucher sur une véritable réforme du système éducatif africain. Bien que des défis subsistent, tels que la dépendance occidentale, les effets du paradoxe d’Anderson, la corruption héritée de la colonisation et la diversité culturelle, l’Afrique doit se préparer à prendre son destin en main. Ce nouveau cap éducatif promet de positionner le continent comme un acteur incontournable sur l’échiquier mondial multipolaire.
De ce qui précède, nous pouvons déduire que la réforme des systèmes éducatifs africains est un choix de civilisation. Il est temps de passer de l’asservissement à l’émancipation, de la dépendance à la souveraineté.
On peut dire que l’éducation est la clé de ce nouveau départ. Car, comme le disait Nelson Mandela, « l’éducation est la clé de l’émancipation ».
Mohamed Lamine KABA, Expert en géopolitique de la gouvernance et de l’intégration régionale, Institut de la gouvernance, des sciences humaines et sociales, Université panafricaine
Source: https://journal-neo.su/fr
Le système éducatif Malien a ete remodelé sous le President Modibo Keita avec plus de justice, de meritocratie et d’inclusion, ensuite est venu GMT qui avait de la haine pour les enseignants et la craie donc il n’a jamais accepte ce système remodelé et a tenté de le détruire, ensuite Alpha Omar est venu avec le nouveau module–un village–une Ecole, mais après les autres leaders n’ont pas supporte cet effort, donc ATT et IBK n’ont pas fait ce qu’il fallait pour l’Ecole Malienne. Nous devrons nous mettre ensemble pour réfléchir sur les deux models Modibo Keita et Alpha Omar pour les adapter aux réalités actuelles en utilisant nos langues officielles et nationales et surtout en travaillant avec le secteur prive et les secteurs de l’emploi.
Pour une fois, le crétin de service ne dit pas trop de conneries. Vu mon vieil âge, j’ai bien connu les réformes induites par Modibo Keita, lui-même ancien enseignant. Elles étaient fondées sur des principes simples, mais féconds, qui tendaient à favoriser la proximité, moins dans les matières proposées que dans leurs liens concrets avec le vécu des enfants. Tout cela a été abandonné, sacrifié sur l’autel de l’élitisme. Une catastrophe.
“La réforme est donc indispensable et doit être ancrée dans l’authenticité culturelle africaine tout en intégrant les principes de durabilité et d’équité.”
Monsieur Mohamed Lamine KABA, tout n’est pas de la faute de l’Occident, c’est nous aussi qui sommes médiocres en Afrique !
Au Mali, la Constitution nationale prévoit clairement que désormais la langue française du colon n’est pas la langue officielle du pays.
Les langues nationales africaines ont été érigées en langues officielles au Mali. Pourtant, dans la réalité, rien n’a été fait par le “régime panafricaniste” au pouvoir pour accorder le moindre effet à l’officialisation dans la Constitution des langues nationale africaines par lesquelles doivent débuter tout processus sérieux d’émancipation culturelle, scientifique, économique et politique.
Les structures administratives et politiques du Mali comme le CNT sont complètement perdues concernant les langues nationales. Ils ne sont même pas au courant qu’il existe au Mali officiellement un alphabet de transcription des langues officielles depuis les années 60 qu’il suffit simplement de consacrer dans une loi organique pour rendre son apprentissage obligatoire dans les écoles.
Si la France s’était opposée à l’officialisation des langues nationales du Mali, on aurait dit aujourd’hui que les langues africaines ne sont pas valorisées à cause de la France.
On adopte la même attitude dans d’autres domaines, l’attitude consistant à rejeter la responsabilité de nos fautes sur les autres.
Si la responsabilité de la France et des Occidentaux dans le retard de l’Afrique est bien documentée, elle s’appuie sur la complicité active et passive des Africains eux-mêmes, en particulier de son élite.
Rien n’empêche aujourd’hui le Mali de valoriser ses langues nationales devenues officielles et de s’émanciper du modèle colonial, si ce n’est la médiocrité et l’aliénation intellectuelle de son élite au pouvoir et administratif.
Donald Trump va signer un décret établissant l’anglais comme langue officielle des États-Unis
Encore un expert 😂😂
Que cet expert nous éclaire sur les milliers d’écoles encore fermées en AES….
Merci Mohamed Kaba pour la lumière car c’est la seule facon de profiter de la dividende démographique Africaine et nous developper!