Choguel Maïga aux étudiants de la FSEG sur les APErnSi ces accords entrent en vigueur le 1er janvier 2008, toutes nos entreprises vont fermer""

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Le ministre de l”Industrie et du Commerce, Choguel Maïga a animé le vendredi 1er juin, une conférence-débat sur les accords de partenariat économique entre les ACP et l”UE, dans l”amphi de la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG). C”est dans un langage franc et sans diplomatie que le ministre a expliqué les enjeux, les défis, les potentialités et les contraintes liées à ces accords qui doivent dès le 1er janvier 2008, établir une zone de libre échange entre les pays d”Afrique, les Caraïbes et du  Pacifique et l”Union européenne sur une période de 10 ans.

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Cette conférence pour laquelle le ministre de l”Industrie était accompagné par ses proches collaborateurs et les responsables des directions nationales du commerce et de la concurrence, des industries, faisait suite à une demande du DER de la FSEG. Pendant près de trois heures, les universitaires qui avaient pris d”assaut l”ampli de leur faculté sise à l”immeuble Tomota, sont restés sur place pour échanger avec lui. Les thèmes retenus étaient d”une importance particulière : " les coûts et avancées potentielles des initiatives d”intégration communautaire en Afrique de l”ouest ; la sous industrialisation du Mali et son impact sur les filières or et coton ; le Mali face  aux APE : quels enjeux et quelles opportunités ". La chargée  du cours intégration et candidate à la présidentielle, Mme Sidibé Aminata Diallo était de la fête tout comme plusieurs autres responsables de l”établissement.

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Ayant pour objectif de restructurer le volet commercial de la coopération entre les Etats et régions ACP et l”UE, pour en faire un instrument plus efficace de réduction de la pauvreté, les APE, qui doivent entrer en vigueur en principe le 1er janvier 2008, doivent supprimer les droits de douane sur l”essentiel des échanges entre les deux parties ainsi que les mesures non tarifaires.

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Ces APE pourront-il réellement entrer en vigueur le 1er janvier prochain? Aux dires du ministre, les sociétés civiles africaines, les industriels, et les ONG sont contre leur entrée en vigueur dans le contexte actuel. Les Etats eux mêmes sont dans cette même logique parce qu”ils ont demandé un moratoire de trois ans. En effet, les APE doivent être précédés de certaines conditionnalités : l”approfondissement du processus d”intégration en Afrique, l”amélioration de la compétitivité des productions.

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Les APE doivent offrir d”autres opportunités comme la mise à niveau des infrastructures, des entreprises, l”amélioration de la qualité de la production locale, l”implication de la banque européenne d”investissement dans le financement des entreprises, l”accroissement des exportations des Etats africains…

 

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Choguel Maïga est formel que dans le contexte actuel les APE ne pourront pas entrer en vigueur comme prévu. "Tant qu”il n”y aura pas de ressources additionnelles dans le renforcement des capacités de production de nos entreprises, il n”y a pas à espérer sur la signature des accords. Les économies ne sont pas objectivement préparées pour les APE. Si ces accords entrent en vigueur, il n” y a pas de doute que toutes nos entreprises vont fermer, ce qui sera de nature à accroître la pauvreté " a expliqué le conférencier. Tout comme au niveau de l”OMC où les négociations sont bloquées à cause de l”intransigeance des Américains et des Européens sur le dossier coton, il y a de forte chance, que celles sur les APE n”aboutissent pas.

 

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Et pourtant certains pays se sont beaucoup investis pour la réalisation d”unités industrielles compétitives et porteuses de croissance. Le Mali a révisé le code des investissements et institué un programme qualité pour encourager la productivité et accroître la compétitivité. Malgré l”abondance de la matière première la production n”a pas atteint le niveau souhaité.

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Cependant dira le ministre, la matière première ne suffit pas, il faut aussi les facteurs de production. C”est ainsi qu”en réponse à une préoccupation des étudiants pour la reconstruction de la cimenterie de Diamou, l”orateur dira qu”actuellement l”exploitation de cette cimenterie, qui exige 70 à 100 milliards de FCFA d”investissement, n”est pas rentable, car la zone manque d”électricité et de route. L”électricité, poursuivra t-il, est le premier obstacle à l”industrialisation car on ne peut pas produire à 85 F le Kwh et le vendre sur le même marché avec ceux qui produisent à 20 F le même Kwh. La preuve a été donnée avec la FITINA qui a dû mal à survivre.

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En tout cas, pour le ministre, le commerce est aujourd”hui une question capitale pour les pays développés. Ce qui fait que les règles du jeu sont faussés d”avance par ceux-là mêmes qui s”érigent en donneur de leçon à l”Afrique avec les barrières, les subventions, la fraude et la concurrence déloyale. 

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Les universitaires ont très bien apprécié l’exposé du ministre en temoigne la grande ovasion à la fin de la séance.

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Youssouf CAMARA

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