BHM : Le Pédégé dans la tourmente

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Boudée par ses clients, pour la mauvaise qualité de ses services, la BHM -Sa (Banque de l’Habitat du Mali) est, désormais, au bord de l’implosion. Du coup, agents et personnel exigent le départ du « Pédégé », Modibo Cissé.

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« La nomination de Modibo Cissé à la tête de la BHM n’a rien apporté, en terme de changement, aux conditions de travail des agents. Les vieilles habitudes sont revenues au galop. Les clients ont fui vers d’autres banques ». Les gestes hauts et forts, un travailleur de la Banque décrit, en ces termes, le fonctionnement actuel de la boîte. Et un autre, d’ajouter : « Nous sommes vraiment surpris du comportement de notre chef. Pourtant, quand il a été nommé PDG de la BHM, on était fiers. Car on pensait qu’il était l’homme de la situation. Mais c’est le contraire qu’il nous a prouvé ». Avant de conclure, d’un air dégoûté : « Notre chef ne fait rien pour sortir la banque de son agonie ». A en croire nos sources, la BHM est plongée dans le coma, depuis des années. Et si rien n’est fait, elle risque de casser la pipe. Pire, chaque jour apporte, dans cette Banque, son lot d’actes spectaculaires, avec des méthodes jusque –là, inconnues. D’où la grogne des uns, et la décision des autres, pour la plupart des cadres, de démissionner.

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Grogne contre les mutations -sanctions

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Nos sources précisent que les fonds de la boîte vont de mal en pis, pour la simple déraison que les rentrées et sorties d’argent présentent un bilan déficitaire. Et les opérations se font rares. Pire, certains clients ont fermé leurs comptes, et les actionnaires sont sur le point de retirer leurs actions. A cette hémorragie financière s’ajoute l’atmosphère délétère, qui y règne après les  doléances présentées par le personnel à la Direction, à l’issue de la réunion tenue le 15 mars dernier. L’ordre du jour de cette rencontre portait sur les conditions de vie et de travail du personnel. Au cours des débats, les travailleurs ont dénoncé des comportements qui ont suscité la colère de la Direction. La suite est connue : le 19 mars 2007, le Directeur décrète une mutation contre trois travailleurs. A savoir, Soryba Diawara, Boubacar Bah et Boubacar Bouloucoun Koïta. Si cette décision de mutation des deux premiers est perçue comme une promotion, celle de Mr Koïta est, par contre, jugée par les travailleurs comme « une mutation –sanction ». Car, de son poste d’huissier, il est tombé comme… guichetier à l’agence BHM de Kayes.

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A en croire nos sources, cette mesure à l’endroit de Koïta est due à ses prises de position, lors de cette réunion du 15 mars dernier. « L’intervention de Koïta a mis en évidence le fait que le détachement de Souleymane Waïgalo, Directeur des engagements à la BNDA, auprès de la BHM, n’a pas été frappé par les mesures de restructuration pouvant permettre à la Banque de souffler », explique un travailleur de la banque. Et un autre, d’ajouter : nos dépenses ont été alourdies par le nouveau Directeur. Il s’est payé deux 4×4 neuves, alors que certains agents sont dans l’impossibilité de bénéficier de logements ». Avant de conclure : « Il n’y a plus de méthode de travail, à la BHM ».

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Selon un responsable de la Banque, rien ne va plus à la BHM, et le Directeur, Modibo Cissé, n’écoute personne. Il décide tout et tout seul. Pire, il n’y a plus de concertations autour des dossiers délicats. En clair, il n’y a plus de collaboration entre le Directeur et ses Agents. Résultat : le divorce est consommé entre un Patron et ses subalternes. D’où la décision des travailleurs d’expliquer à qui de droit, le dysfonctionnement de leur banque.

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Pour en savoir plus, nous avons tenté de rencontrer le « Pédégé » de la BHM, le vendredi dernier. En vain !

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Dans le fond, le mécontentement des uns et la déception des autres s’explique : il y a paradoxe. Et les proches du PDG, de s’interroger. Comment comprendre que cet éminent Economiste ne soit pas arrivé à inscrire son action dans la droite ligne de ses exploits ?

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Pourquoi a t- il baissé les bras ? Surtout, au moment où, il a l’occasion de donner, à la BHM, un visage plus « bancaire » !…

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Pourtant, il en a les moyens : il a de la rigueur, de la culture et du caractère. Mais depuis sa nomination, à la tête de cette banque, le résultat est là : la BHM est devenue la Banque de la Honte pour le Mali !

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Jean Pierre James

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