Conférences internationales : Le Mali honoré à la CIT de Genève

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Cette rencontre fut une véritable gloire pour notre pays qui avait mobilisé une forte délégation composée des deux centrales majeures (l’Union nationale des travailleurs du Mali, UNTM) et la Confédération syndicale des travailleurs du Mali, CSTM).

Répartis entre différentes commission, le chef de file de la délégation malienne était membre de celle chargée de l’application des normes où il a fait une présentation sur la convention n°98 portant sur le Droit d’organisation et de négociation collective (Donc) de 1949, basée sur le cas exprès de l’île Maurice qui a ratifié cette Convention depuis 1969. A la suite de cette présentation, Yacouba Katilé fera une déclaration qui a été inscrite dans le rapport final des travaux de cette session de la CIT.

Le rapport souligne que “la déclaration du membre travailleur du Mali, Yacouba Katilé sur le Donc a bénéficié du soutien du Liberia, du Nigeria et de la Sierra Leone”.

Dans sa déclaration qui a glorifié le Mali à Genève, le secrétaire général de l’UNTM, explique que “le maintien du taux de croissance annuel du pays à plus de 3 %, a été rendu possible grâce aux contributions dévouées de la main d’œuvre et aux ZFE de l’île Maurice. Ces dernières sont considérées comme des enclaves ayant leur propre souveraineté, à l’abri des obligations et exigences qu’implique le respect des droits humains et syndicaux. Malgré l’existence de lois, la pratique veut en général que les travailleurs ne puissent compter que sur le soutien de l’Etat pour bénéficier de leurs droits syndicaux dans ces zones. Les autorités et les employeurs empêchent les travailleurs de s’organiser pour mener des négociations collectives et le niveau de ces dernières a diminué de 70 % depuis 2009”.

M. Katilé révèle que dans la plupart des cas, les organisations syndicales se voient refuser par les employeurs l’accès aux sites industriels, ce qui explique que le taux de syndicalisation dans les ZFE est inférieur à 12 %. Il n’est pas raisonnable d’accueillir avec enthousiasme les investisseurs et leurs entreprises sans promouvoir les droits des travailleurs, y compris ceux de la main d’œuvre migrante. Sans de tels droits, les travailleurs du pays et leurs familles n’auront pas bénéficié des investissements lorsque les investisseurs s’en iront.

Pour le chef de la délégation malienne, le gouvernement doit lever toutes les barrières qui empêchent la négociation collective et instaurer une culture de négociation collective forte dans le respect du dialogue social, surtout au sein des ZFE. C’est l’unique façon de partager les fruits de la croissance économique pour le niveau de vie de la population.

L’orateur a salué les premières démarches entamées par le gouvernement de l’île Maurice,  en vue de l’instauration d’un mécanisme de fixation d’un salaire minimum et a pris acte des modifications de la législation du travail visant à renforcer les sanctions en cas de discrimination antisyndicale.

Après cette rencontre internationale, le secrétaire général de l’UNTM est convié à la rencontre des travailleurs africains à Abuja (Nigeria), prévue à la fin de ce mois de juin.

Maliki Diallo

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