Tribune : Citoyenneté, fais-moi appel !!!

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De nombreux nouveaux outils et mécanismes de communication ont révolutionné l’expression de la citoyenneté. Ces médias sociaux auxquels je fais allusion contribuent vraisemblablement à la rationalisation des masses.

 Ces outils facilitent grandement l’accès à l’information, mais force est de le constater aussi à la désinformation.

Excluant les captifs dans la Grèce antique et, plus tard, les non-natifs de leur territoire (les étrangers donc), l’expression de la citoyenneté a connu, de nos jours, une évolution remarquable. Aujourd’hui, chaque individu, grâce à son Smartphone, peut porter le débat public à l’appréciation d’un plus grand nombre, aussi bien des néophytes que des experts en la matière. Cet état de choses alimente les discussions, mais aussi disperse et gaspille les énergies.

Que faut-il faire de ces nouveaux outils à la portée de tous afin qu’ils servent de catalyseurs de la cohésion sociale, du lien générationnel et intergénérationnel et d’atouts pour la préservation des acquis en termes de construction de l’unité nationale, sa protection et sa promotion ? Un développement durable, stable et prospère ne saurait faire l’économie de cette réalité et de cette révolution technologique.

L’ancien Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Ban Ki-moon, a dit : “L’éducation est indispensable pour forger la citoyenneté mondiale et construire des sociétés pacifiques”. Au moment du lancement de la Charte nationale pour la réconciliation et la paix, une démarche censée être “l’université de la parole enseignée à l’ombre du baobab” selon Mawdo Amadou Hampaté Bâ, pour pacifier les tensions sociales et politiques, il me plaît de partager ici quelques réflexions sur les vertus de cette citoyenneté qui nous est chère.

“Tous les humains naissent libres et égaux en droits et en devoirs” figure en bonne place dans les instruments juridiques, partant du préambule même des constitutions. Si la Révolution en France, en Russie ou aux Etats-Unis d’Amérique a fait germer un fort sentiment de citoyenneté, les valeurs de l’éducation, depuis la famille jusqu’à la communauté républicaine, nous ont aussi fait évoluer en Afrique.

Nos valeurs de fierté, de dignité, d’intégrité et de patriotisme sont ancrées dans notre ADN, depuis la Charte de Kurukanfuga jusqu’à l’avènement de la démocratie occidentale au début des années 1990.

Les médias sociaux sont devenus un vecteur puissant de l’expression de notre citoyenneté. Tout le monde veut et doit y participer. De multiples comptes se créent, de nombreux groupes se forment, des individus se proclament vidéastes ou activistes, des projets novateurs naissent et des groupes de sensibilisation voient le jour. Chacun veut apporter sa pierre à l’édifice national et en retirer des privilèges en retour.

L’accès à la nationalité, au vote et aux services sociaux de base est réclamé à grands cris. Légitime, car ce sont des droits. Idéalement, nous concourons tous au même objectif : revendiquer et défendre la citoyenneté.

Aujourd’hui, il nous importe de canaliser ces initiatives civiques dans un cadre plus structurant, autour d’une vision axée sur l’émergence d’une société civile plus responsable et engagée.

C’est en réponse aux enjeux de développement, de bien-être et de qualité de vie que le Grand Grin, que nous animons depuis plus de cinq ans à travers les blocs, villages, quartiers, communes, cercles et régions du Mali, s’emploie à répertorier et analyser les résolutions prises lors de nos rencontres, en y apportant des contributions adaptées à court, moyen et long terme, avec la mobilisation des acteurs locaux.

Il fut un temps où les biennales artistiques et culturelles, les agoras d’expression et les compétitions diverses contribuaient au brassage culturel et à la cohésion nationale. Sur ce vaste territoire, nous avons su faire de notre diversité culturelle un atout majeur pour la participation à la vie de la Nation.

Chaque région, ethnie et communauté, avec sa richesse humaine et culturelle, a été concernée et valorisée. L’Etat du Mali, de génération en génération, a su faire de ces chants, ces danses et ces créations des ingrédients essentiels de la construction nationale. Nous nous sentons tous citoyens à part entière de la République du Mali.

Le rôle que joue le Grand Grin doit être démultiplié et amplifié. Au-delà de son institutionnalisation, il faudrait encourager son appropriation populaire en impliquant des associations locales et des groupements de jeunes avec pour objectif : “La mobilisation générale pour la construction nationale”.

“Il n’y a que la force de l’État qui fait la liberté de ses membres”, disait Jean-Jacques Rousseau. Ajoutons que l’engagement vers une gouvernance vertueuse, à travers la promotion d’une citoyenneté active, pourrait être le moteur de la renaissance républicaine. Celle-ci repose sur l’implication de chacun, animé par des valeurs sociétales et institutionnelles claires et inébranlables.

Oui, citoyens, “le Mali à l’appel !”

Mohamed Salia Touré

 

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