Soirée FEPACI : Souleymane Cissé l’absent présent

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La salle de ciné du Burkina a abrité la cérémonie d’hommage organisée par la Fédération panafricaine des cinéastes, le samedi 22 février 2025. Une soirée d’hommage à tous les cinéastes d’Afrique disparus mais principalement à Souleymane Cissé.

 Emanuel, cinéaste togolais « C’est avec beaucoup d’émotions que je prends la parole et que j’aurai voulu que ce soit en présence de sa fille ou famille. Souleymane Cissé est un grand, un génie du cinéma du monde. L’Afrique perd un grand homme, l’Afrique perd une image de l’image du 7e art. Il ne pouvait pas se départir du cinéma, c’était sa vie. Souleymane, tu vas nous manquer. Il aurait pu nous quitter après ce Fespaco, mais il a préféré nous quitter juste à quelques heures de cette 29e édition. Il y’a un an, nous avions proposé que l’on rendrait hommage à Souleymane Cissé à travers un prix à son nom. On s’est dit ou est-ce que l’on va le faire et quand. Nous allons donner ce prix à ta famille ».

Salif Traoré, cinéaste Malien qui a envoyé un témoignage « Souleymane Cissé n’est pas mort pour le Mali seulement. J’aurais aimé être là mais si je venais ici, ça aurait voulu dire que j’ai abandonné la famille. J’ai été comme un père pour les enfants de Souleymane Cissé. J’aimerais que vous puissiez vous souvenir de lui comme quelqu’un d’attaché aux enfants. J’ai accompagné ses enfants à l’école, sa femme à la maternité. Il était très investi dans le travail. Il n’est pas mort pour le Mali seul mais tout le monde ».

« Que ce soit Baara, Yeelen, Waati, ces films étaient d’une vérité absolue dans les récits. Il nous laisse un véritable héritage. Je ne sais si les gens se rendent compte de ce que l’Afrique a perdu. Que dire de Souleymane ! Souleymane était un démiurge, une personne qui avait énormément de talents et d’humanité et une vision de son monde qu’il conjuguait avec le temps au présent, au passé, au futur. Il nous projetait tous ! Et quand je dis « nous », il projetait l’Afrique sur des valeurs essentielles. Des valeurs qui nous touchent : l’honneur, la dignité, le travail, l’amour. Il avait toujours ce regard qui était tellement précis et incisif. Ce n’était pas quelqu’un qui faisait des choses à peu près. Son regard est tranchant. L’année dernière, j’ai passé une semaine avec lui, où on dînait ensemble chaque soir et je garde toujours ses belles histoires qu’il racontait, sa passion pour le cinéma, son parcours complètement chaotique qui l’a amené au cinéma et ça je trouvais ça extraordinaire ».

 

Aminata Agaly Yattara

Envoyée spéciale à Ouagadougou

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