9è Rencontres africaines de la photo : PIETER HUGO remporte le grand prix Seydou Keïta

0

Aucun photographe ou vidéaste malien ne figure au palmarès officiel.

Les lauréats de la neuvième édition des Rencontres africaines de la Photographie sont connus depuis vendredi. Le jury des Rencontres de Bamako a proclamé les résultats au Musée national, principal siège de la manifestation, sous la présidence de Al Hady Koïta, le secrétaire général du ministère de la Culture. 6 prix ont été décernés à 7 photographes africains, dont deux en position d’ex æquo. Le grand prix Seydou Kéïta de 2 millions de Fcfa, décerné par le ministère de la Culture, a été remporté par le photographe sud-africain Pieter Hugo. Ce sont « l’originalité, la contemporanéité et la magie de ses œuvres » qui ont été récompensées, explique la présidente du jury, Mme Elda Harrington de l’Argentine. Le second prix, décerné par l’Union européenne, est allé à deux artistes : le Burkinabé Nyaba Léon Ouédraogo qui a travaillé sur la décharge publique d’Akouédou accueillant dans sa périphérie des vergers horticoles dont la production germe et pousse sur un sol pollué, et le Ghanéen Nyani Quarmyne. Ce dernier a tourné l’objectif de son appareil vers les zones côtières où vivent des populations menacées, en permanence, par la montée du niveau de la mer et l’érosion occasionnées par des changements climatiques constatés. Ce prix est également doté d’un montant de 2 millions de Fcfa. Le prix du jury ou prix Afrique et Caraïbes en créations d’une valeur de 1,5 million de Fcfa est décerné par l’Institut français de Bamako. Il est revenu au photographe libyen Jehad Nga qui montre, à travers une série de portraits, la décadence et les souffrances des populations de la savane du Kenya confrontées au péril des sécheresses. « Ces derniers temps il y a trop d’images venant de Libye. Il était temps que l’on voit enfin des images venant d’un Libyen », a-t-on commenté.

Le prix de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), de 1 million de Fcfa, a été décerné au Marocain Khalil Nemmaoui. Son travail est basé sur une démarche onirique et poétique autour du phénomène des avancées anarchiques de l’urbanisation et de ses effets secondaires indésirables sur la nature. Le prix « Casa Africa » de la coopération espagnole est revenu à Élise Fitté Duval, de la Martinique, qui a proposé une série de photos sur les inondations dans les quartiers Guédiawaye, Pikine et Rufisque, situés dans la banlieue de Dakar. Pour la présidente du jury, Mme Elda Harrington, le travail de la photographe est « très équilibré, avec des compositions fortes ». Ce prix prévoit une publication monographique portant sur la lauréate, l’édition d’une collection spécialisée et l’organisation d’une exposition individuelle à Las Palmas. Enfin, le prix de la Fondation Blachère récompense le travail de Khaled Hafez, un vidéaste égyptien qui propose une œuvre de fiction où l’on voit « Anubis », le dieu de l’enfer dans l’Egypte pharaonique, circuler dans les villes du pays. Il y croise les populations et manifeste ses sentiments politiques à travers des gestes symboliques.

Le jury de la biennale était composé de Elda Harrington, directrice de l’École Argentine de photographie qui en est la présidente, d’Abdoulaye Konaté, artiste plasticien et directeur du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté, du Pr Yacouba Konaté, enseignant à l’Université de Cocody et président sortant de l’Association internationale des critiques d’art (AICA), de Hassane Kouyaté, cinéaste malien et de Antonio Pinto Ribeiro de la Fondation Gulbenkian du Portugal. Cette année, les efforts de notre pays ne nous ont pas permis de nous hisser au niveau des meilleurs. Aucun photographe ou vidéaste malien ne figure donc au palmarès officiel. C’est la dure loi d’une compétition qui ne réunit que de fines « gâchettes » et mais c’est surtout une incitation à apprendre de meilleurs que soit, à persévérer en conservant ce qui fait sa personnalité et son originalité.

Commentaires via Facebook :