Dossiers des détenus du camp I : Pourquoi pas le tribunal militaire ?

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Suite à notre article publié le mardi dernier sur la disparition du colonel Youssouf Traoré, le ministre de la Défense et des anciens combattants, Soumeylou Boubeye Maïga, a profit de l’installation du nouveau commandant de la 2ème région militaire, le colonel Harouna Samaké, pour déclarer à la presse que les dossiers des détenus du camp I de la gendarmerie suite a été transmis au parquet de la Commune III. Un tribunal civil, qui doit statuer normalement sur les affaires civiles.

 

 

Certains esprits avisés voient dans cette décision des pouvoirs publics une manière de brouiller la piste à la manifestation de la vérité. D’aucun doute de la sincérité des autorités à tirer cette affaire au clair. A défaut d’activer le tribunal militaire pour la circonstance, les autorités devraient d’abord convoquer un conseil de discipline sur chacun des éléments, y compris le général Amadou Haya Sanogo avant de passer les dossiers à la justice. Il faut signaler que dans les conditions d’un Etat de droit, seule la Justice militaire est habilitée à statuer sur les affaires militaires. Surtout qu’à ce jour, le Mali a créé la Direction de la justice  militaire. Des magistrats militaires ont été formés, il ne reste qu’à installer le tribunal. Si cela n’est pas fait, faute de volonté politique, il faut respecter toutes les procédures aussi dans le second cas de figure. Sinon, c’en est fini pour les victimes. La démarche actuelle ne permettra jamais la manifestation de la vérité.

 

 

Dans la procédure normale, après le conseil de discipline, constitué d’officier supérieur, un rapport circonstancié est adressé au Président de la République, chef suprême des armées, en fonction des orientations données par les frères d’armes, le Président prend un décret suspendant l’élément de ses charges et le met à la disposition de la Justice. C’est après cette démarche, que le juge d’instruction peut commencer à renseigner son dossier. Pendant ce temps, l’élément est gardé à la gendarmerie. Dans le cadre de ce dossier ultrasensible, rien de tout cela n’a été fait, selon nos sources. Les Autorités voudraient elles protéger leur poulain, Amadou Haya Sanago, qui est indexé par les parents des victimes comme le suspect numéro un de la disparition de leurs frères, pères ou maris.

 

 

Dans cette affaire, IBK doit prendre faire fi des alliances de circonstance celées tant tôt avec Amadou Haya Sanogo pour le suspendre de ses charges d’officier et le livrer à la Justice. Il s’agit d’élucider une affaire de mort d’hommes. Son courage d’homme d’Etat mettra du coup fin à une tradition de crimes politiques jamais élucider au Mali.

MAD

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